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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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Paris , le 10 Floréal. 1

TR1BUNAT. I

Présidence de Fabre (de l’Aude .) I

Séance extraordinaire du 10 Floréal. i

La séance est ouverte à une heure. 1

Lecture faite du procès-verbal de la derniere séance, la rédur. !lion en est approuvée.

Le Président .—Le 3 de ce mois, notre collègue Curée a déposésur le bureau une motion d'ordre par laquelle il demande,

1. Que le gouvernement de la République soit confié à uiempereur.

2. Que l’empire sGit héréditaire dans la famille de Napoléon .Bonaparte , actuellement Premier Consul.

3. Que celles de nos institutions qui ne sont que tracées, soientdéfinitivement arrêtées.

La parole est, au citoyen Curée pour faire lecture de sa motion,

Curée. Citoyens Collègues,—Je me présente à cette tribunepour appeler voire attention sur des objets graves et éminemmentnationaux. Dans une matière aussi importante, j’ai besoin que vousm’accordiez une attention suivie et une indulgence que la pûretéde mon patriotisme me donne lieu d’espéier.

Citoyens Tribuns, le succès et la durée de tout système politiquedépendent «te la stabilité du gouvernement, qui y forme commele point central auquel tout vient aboutir. Ce principe est incon-testable pour tous les tems, pour toutes les circonstances; maisson application devient d’une nécessité encore plus incontestable,lorsque de grandes mutations dans l’Etat ayant amené, ayantdéveloppé un ordre de choses qui fixe sous des rapports nou-veaux la destinée des peuples, on peut démontrer avec évidenceque c’esl sanctionner pour les siècles ces mutations politiques etassurer à jamais le maintien des grands résultats qu'elles ontlaissés après elles; que de ramener et de rétablir dans un coursde sucessions certain, authentique, héréditaire, le gouvernementqui est incorporé à ces grands résultats, et qui s’y trouve lié d’unemaniéré aussi intime que le 1rone d’un arbre l’est à sa racine.

Pour mieux concevoir cetle idée, veuillez, mes collègues, vousreporter un moment, par le souvenir, à cette époque mémorablede notre révolution où trente millions de Français , par un mouve-ment spontané, par une volonté unanime et d’une voix qui futau'si puissante que celle du Créateur au premier jour de l’uiiivers,s'écrièrent : Que l’égalité s’établisse, que les privilèges disparais-sent, et que la nation soit tout ce quelle doit être! En vain lesfactions, nées au mil eu des ordres privilégiés vinrent s’opposeraux destins du peuple. La raison et la liberté triomphèrent,et tous les obstacles frirait surmontés par la force et l’uiiiçAïiatiouales,