Buch 
1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
Entstehung
Seite
1109
JPEG-Download
 

Quelle longue et terrible expérience nous aurons faite?

L’excès des abus croissant en foule autour d’un trône décrépit,un prince faible qui ne savait plus-comment maintenir, mitiger oudéfendre le pouvoir souverain qu’il voulait garder, une constitu-tion que l’on crut faire monarchique, renfermant toits les principesd’anarchie qui ne tardèrent pas à désorganiser la Franee ; larestauration de Thermidor troublée par les orages de Vendé-miaire ; la constitution de l’an 3, plus d’une fois déehireé pardiverses secousses; le vaisseau de l’Etat flottant incertain aumilieu d’écueils opposés sur lesquels il risquait tour-à-tour de sebriser, loraqu’enfin une main victorieuse et ferme vint en saisirle timon, et diriger sa marche vers le port.

C’est dans le port qu’en se rappelant les dangers auxquels onest échappé, et visitant ses dommages, on songe à les réparer et àse prémunir contre de nouveaux désastres. Dix ans de sollici-tudes et de malheurs, quatre ans d’espérance et d'améliorations,nous ont fait connaître les inconvéniens du gouvernaient de plu-sieurs, et les avantages du gouvernment d’un seul.

Les révolutions sont les maladies des corps politiques ; résultatd’un régime vicieux, elles sont un explosion d’autant plus violenteque leurs causes sont plus profondes, plus accumulées, et ontsubi une plus longue fermentation.

Alors une fièvre ardente se déclare, qui dévore et consumetout, et le mal qui l’a produite et les organes conservateurs quiétaient trop usés pour résister. Si l’Etat survit à cette crise,débarrassé eu grande partie des vices qui altéraient sa constitutionil reprend son assiette, et avec une nouvelle vie, de nouveauxmoyens de force et de prospérité.

Tout ce qui a été bouleversé n’était pas mauvais. Il est dansl’existence des nations des bases essentielles dont le tems et lesabus qu’il mene à sa suite, les arrachent quelquefois. Mais ellesy sont naturellement ramenées par leur propre poids ; et si unemaine liabie prend soin de réparer ces fondemens ébranlés, elless’y rasseyent affermies pour plusieurs siècles.

L’histoire lie nous montre le gouvernement de plusieurs quechez des peuples peu nombreux et encore recens, fortement unis,parce que le cercle de leur intérêt contmon est étroit ; s’exerçant àl’autour de la patrie par l’usage d’une liberté sage, par la modicitédes besoins, des désirs et des fortunes ; arrivant enfin, à mesurequ’ils augmentent en richesses, eu territoire et eu population, augouvernement d’un seul.

Pourquoi la démocratie et l’aristocratie sesont-elles conservéesdans les petites nations, qu’il serait, ce semble plus facile de do-miner? Pourquoi les grandes nations, où ii y aurait plus demoyens de s’opposer au gouvernement d’un seul, ont-elles cons-tamment incliné vers ce gouvernement? Où trouver la cause dece phénomène, si ce n’est dans la nécessité des choses qui ramenetoujours les peuples, à ce qui leur est le plus utile, nonobstantl'effort des prétentions individuelles et l’orgueil des vaines théories?Il y a douze ans que cette question aurait fourni le sujet de

7 B