mo
longues et brillantes dissertations ; mais le problème n'esiste plus•il a été résolu par la foule des maux dont nous ont accablé défunestes essais. 11 n’y a que des insensés qui voulussent se replongerdans cet océan d’erreurs politiques, où nous aurions été submergéssi la victoire et le génie ne nous eussent jeté une planche secu-rable.
Ce n’est donc pas sur des raisons qui sont écrites partout etque chacun connaît, que je fonde la prééminente utilité du gou-vernement d’un seul; c’est sur l’expérience et le souvenir de ceque nous avons éprouvé. Je n’en retracerai pas le tableau ; ilfatigue encore les yeux et pese sur tous les cœurs. Il n’est pasbesoin de rouvrir des plaies à peine formées : il suffit d’en in-diquer les cicatrices encore si sensibles. Il n’est pas un Français qui, après tant de mouvemens, de chocs et de secousses, ne sentequ’il faut enfin se reposer dans une partie de ces institutions douton s’était écarté.
Déjà les inconvéniens d’une suprême magistrature élective ettemporaire ont été aperçus et éloignés. Déjà pour qu’un jourelle ne fut pas, aux dépens de notre repros et de notre sang, dis-putée entre des ambitieux qui ne s’en verraient plus séparés parline insurmontable barrière, le sénat a décerné au Premier Consul,la faculté de désigner sou successeur. Ce n’étaient là que lespréliminaires, les pierres d'altente de l’hérédité qui doit enfinrendre à l’Empire Français la stabilité qu’exige son étendue et sapuissance.
Par les avantages que nous avons recueillis dès nos premierspas, jugeons de ceux qui nous attendent. A mesure que nouslions sommes éloignés des formes mobiles du gouvernement deplusieurs, les gouvernemens d’Europe avec lesquels nous étionsen trop grand disparité, nous ont rendu plus d’égards, de con-sidération et de confiance. Ils ont compté davantage sur lasolidité des négociations et des traités, sur l’unité et la persévé-rance dans les vues, ils désirent pour leur propre tranquillité ceque nous voulons tous pour la nôtre. Avec l’hérédité dans legouvernement se consolideront ces institutions qui furent forméesavec lui pour en être le soutien et l’ornement. Si elles avaient àéprouver quelques modifications, ce serait pour garantir d’autantmieux les droits réciproques de la nation et de son chef, intéressésl’un et l’autre à ce que le pacte définitivement arrêté entr’eux,demeure inaltérable. On ne saurait se passer de corps intermé-diaires ; par le pouvoir qu’ils ont d’éclairer l’autorité, ils facilitentl’obéissance. On ne saurait se passer de grandes magistratures ;elles forment les degrés par lesquels ou arrive au sommet de lahiérarchie politique.
La reconnaissance publique nomme ici ces deux illustres ci-toyens, que le discernement le plus heureux appela à partager lepoids du gouvernement naissant. Dans l’heureux développementqu’il va recevoir, leurs talens, leur expérience et leurs servicesmarquent toujours leur place à la tete (lu peuple Français , prèsde son chef suprême; elle n’a rien d’incompatible, nous avons