Buch 
1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
Entstehung
Seite
1138
JPEG-Download
 

1138

servi, commandé, adminislrê avec lui, et c’est par ce caractère sur-tout qu’il nous plaît et qu’il nous convient.

CVst par ses propres travaux et ceux des compagnons et desconcitoyens qui lui défèrent l’einpire, qu’il a aggrandi cet empiremême, en dix années, de plus de provinces que la dynastie entièreà laquelle il va succéder, n’en avait su recouvrer en plusieurssiècles,

Mais il est teins de répondre à des craintes vraies ou affectées'réfutons les préjugés, les objections, le silence même de ceux quenos oi inions étonnent encore, ou qui se refusent à partager nussentiinens.

Sans doute il est des hommes estimables, de bons citoyens quegène encore et qu’embarrasse la puissance de certains noms, l’ha-bitude de certains souvenirs. Il est des Français encore dontl’bésilation tient moins à la malveillance qu’à la pusillanimité,esprits faibles ou blessés qu’il 11e faut point effaroucher par desreproches mais ramener par des raisons.

Dans des lems ordinaires et calmes, leur dirai je, s’ils daig-naient mécouter ; aux époques feu, fécondes en événemens, quandla société piésente une surface monotone et uniforme, lorsqu’enfinles grands vices et les grandes vertus dorment également dans leurgerme.

Alors la puissance des souvenirs, la magie des noms exerce unlégitimé empire ; car enfin, apiès les grandes actions il n’y a riende mieux que la mémoire des grandes actions.

Mais quand les tempêtes politiques ont soufflé, quand ces crisesse sont prolongées, quand tout a été porté à l’excès, le bien et lemal, la gloire et la honte, la générosité et la tyrannie, l’audace etla patience; alors il est simple que les hauts faits éclipsent lesgrands noms.

Ceux qui préparent avec une vigueur extraordinaire des sou-venirs pour l’histoire, prévalent sans injustice sur ceux qui portentavec un mérite ordinaire les souvenirs de l’histoire.

Mais la multitude est lente à percevoir ces nouveaux rapports.

Beaucoup d’esprits frivoles et routiniers, ou opiniâtres et aveu-gles, se refusent à l’évidence; c’est-ce qui leur inspire de sifausses démarches, ce qui les pousse si follement à menacer la pa-trie et à se perdre eux-mêmes.

Oui, c’est du sein de ia révolution, et appuyé sur elle, que de-vait sortir l'honuue et la famille, les hommes et les familles dontl’élévation doit être la garantie de cette révolution et de tous lesintérêts qu’elle a créés.

Dans toutes les régénérions des empires et des pouvoirs, onest toujours parti des ha-es primitives ; on s’est toujours pour ainsidire retrempé dans cos principes et dans ces sources; toujoursdans ces grandes époques, (tous les monumens en font foi) on re-connaît, on stipule, on consacre. Et cette égalité naturelle entreles hommes, qui sont tentées de nier et de méconnaître lesvieilles dynasties abreuvés de longues illusions; et cette souve-