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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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moins qu’un gage assuré de stabilité et de tranquillité ; la duréede l’empire Romain ne fut pas plus longue que ne l’avait été cellede la république. Les troubles intérieurs y furent encore plusgrands, les crimes plus multipliés ; la fierté républicaine, l’hé-roïsme, les vertus males y furent remplacées par l’orgueil le plusridicule, la plus vile adulation, la cupidité la plus effrenée, l’in-souciance la plus absolue sur la prospérité nationale. A quoi eûtremédié l’hérédité du trône ? Ne fut-il pas regardé comme l'héri-tage légitime de la maison d’Auguste 1 Un Domitieu 11 e fut-il pasle fils de Vespasien, un Caligula le fils de Germanicus , un Com-mode le fils de Marc-Auréie ?

En France , à la vérité, la derniere dynastie s’est soutenue pen-dant huit cents ans ; niais le peuple fut-il moins tourmonté? Quede dissentions intestines, que de guerres entreprises au dehors pourdes prétentions des droits de succession qui faisaient naître lesalliances de cette dynastie avec les puissances étrangères ! Du mo-ment qu’une nation entière épouse les intérêts d’une famille,elle est obligée d’intervenir dans une multitude d’évenemens, quisans cela lui seraient de la plus parfaite indifférence.

Nous n’avons pu à la vérité établir parmi nous le régime ré-publicain, quoique nous l’ayons essayé sous diverses formes plusou moins démocratiques ; mais il faut observer que de toutes lesconstitutions qui ont été successivement éprouvées sans succès, iln’en est aucune qui ne fut née au sein des factions, et qui ne fut l’ou-vrage de circonstances aussi impérieuses que fugitives. Voilà pour-quoi toutes ont été vicieuses. Mais depuis le 18 Brumaire, il s’esttrouvé une époque unique peut-être dans les annales du monde,pour méditer à l’abri des orages, pour fonder la liberté sur desbases solides, avouées par l’expérience et par la raison. Après lapaix d’Amiens, Bonaparte a pu choisir entre le système républicainet le système monarchique, il eut fait tout ce qu’il aurait voulu,il n’eut pas rencontré la plus légère opposition.

Le dépôt de la liberté lui était confié ; s’il avait rempli l’attentede la nation, qui l’avait jugé seul capable de résoudre le grandproblème de la liberté publique dans les vastes états, il se fut cou-vert d’une gloire incomparable. Il est très-vrais qu’avant le 18Brumaire, l’état tombait en dissolution, et que le pouvoir absolul’a retiré des bords de l’abîme : mais que conclure de lai Ce quetout le monde sait—que les corps politiques sont sujets à des ma-ladies qu’on ne saurait guérir que par des remedes violens;qu’une dictature momentanée est quelquefois nécessaire pour sau-ver la liberté. Les Romains qui en étaient si jaloux avaient pour-tant reconnu la nécessité de ce pouvoir suprême par intervalles :mais parce qu’un remede violent a sauvé un malade, doit-on luiadministrer chaque jour un remede violent? Les Fabius, les Cin-cinnatus, les Camilles sauvèrent la liberté romaine par le pouvoirabsolu ; mais c’est qu’ils se désaisirent de ce pouvoir aussitôtqu’ils le purent : ils l’auraient tué pour le même fait s’ils l’eussentgardé. César fut le premier qui voulut le conserver ; il en fut