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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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Du moment qu’il fut proposé au pe uple Français de voler sula question du consulat à vie, chacun put aisément juger qu'il exis-tait une arriéré pensée et prévoir un but ultérieur.

En effet, on vit succéder rapidement une foule d’institutionsévidemment monarchiques ; mais à chacune d’elles on s’empressade rassurer les esprits inquiets sur le sort de la liberté en leurprotestant que ces institutions n’étaient imaginées qu’afin de luiprocurer la plus haute protection qu’on put désirer pour elle.

Aujourd’hui se découvre enfin d’une maniéré positive le termede tant de mesures préliminaires.

Nous sommes appélés à nous prononcer sur la proposition for-melle de rétablir le système monarchique, et de conférer la dignitéimpériale et héréditaire au premier Consul.

Je votai dans le tems contre le consulat à vie : Je voterai demême encore contre le rétablissement de la monarchie; commeje pense que la qualité de tribun m’oblige à le faire ; mais ce seratoujours avec les ménagemens nécessaires pour ne point réveillerl’esprit de parti ; ce sera sans personalités, sans autre passion quecelle du bien public, et démeurant toujours d’accord avec moi-même dans la défense de la cause populaire.

Je fis toujours profession d’être soumis aux lois existantes, mêmelors quelles me déplaisaient le plus ; plus d’une fois je fus victimede mon dévouement pour elles ; et ce n’est pas aujourd’hui queje commençerai à suivre une marche contraire. Je déclare doncd’abord, que tout en combattant la proposition faite, du momentqu’un nouvel ordre de choses sera établi, qu’il aura reçu l’assenti-ment de la niasse des citoyens, je serai le premier à y conformertoutes mes actions, à donner à l’autorité suprême toutes lesmarques de déférence que commandera la hiérarchie constitution-nelle. Puisse chacun des membres de la grande société émettreun vœu aussi sincere et aussi désintéressé que le mien !

Je ne me jeterai point dans la discussion de la préférence quepeut mériter en général tel ou tel système de gouvernement surtel ou tel autre. Il existe sur ce sujet des volumes sans nombre.Je me bornerai à examiner, en très-peu de mots et dans les termesles plus simples, le cas particulier où les circonstances nous ontplacés.

Tous les argumens faits jusqu’à ce jour sur le rétablissement dela monarchie en France , se réduissent à dire, que sans elle il nepeut exister aucun moyen d’assurer la stabilité du gouvernementet la tranquillité publique, d’échapper aux discordes intestines, dese réunir contre les ennemis du dehors ; qu’on a vainement essayéle système républicain de toutes les maniérés possibles : qu’il n’arésulté de tant d’efforts que l’anarchie, une révolution prolongéeou sans cesse renaissante, la crainte perpétuelle de nouveaux dés-ordres et par suite un désir universel et profond de voir rétablirl’antique gouvernement héréditaire, en changeant seulement ladynastie, c’est à cela qu’il faut répondre.

J’observerai d’abord que le gouvernement d’un seul n’est rien