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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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vie par des moyens aisés et nombreux de travail et de subsistance,un état isolé sur son vaste hémisphère, entouré d’une ceintured’impénétrables forêts et de vastes mers, ne pouvait se prêter àaucune comparaison avec un état placé au milieu de la vieille Eu-rope, pressé entre des peuples entreprenans et inquiets, inquietlui-même et entreprenant comme tous les peuples nombreux etpolicés chez qui les moyens de subsistances sont précieux et raresen proportion de leur luxe et de leur population.

Voilà ! ce qu’il disait à peu près, et ce que fut sur l’assembléeconstituante une impression si favorable qu’il n’y fut plus questionde la proposition d’un gouvernement présidental ni fédéral.

C’est à la sagesse de cette assemblée constituante sur ces grandesmatières qu’il en faut souvent revenir, et c’est à l’assemblée con-stituante et à son origine que me ramene naturellement une autreobjection du citoyen Carnot, qui craint que le vœu émis pour leconsulat à vie ou à émettre pour l’empire n'ait été ou ne soitsusceptible de recevoir quelque influence étrangère à la véritablevolonté du peuple Français .

Quelle influence autre que celle de la raison, que celle de la sa-gesse, du véritable patriotisme, agit sur les assemblées balliageres,qui voulurent toutes, quand on leur fit appel, ce que nous vou-lons aujourd’hui; c’est alors que le vœu du peuple eut une incon-testable liberté ; c’est depuis, que ce vœu a été frelaté en toutsens.

Rappelez-vous, mes collègues, cette femme célébré dans lesanecdotes de l’antiquité, se trouvant mal jugée par le roi Philippequi était dans un état d’yvresse, elle en appela de Philippe ivre àPhilippe à jeun. Eh bien, les assemblées qui ont suivi l’assembléeconstituante, ont fait tout le contraire, après avoir enivré le peu-ple de toutes sortes de passions furieuses, elles l’ont interrogé ouplutôt elles l’ont fait parler, elles ont appelle de Philippe à jeun àPhilippe ivre.

Nous sommes revenus au calme, à la tranquillité, à la sagessed’un premier vœu; les ivresses sont dissipées et nous nous retrou-vons dans notre état naturel.

Le citoyen Carnot se plaint que la presse n’est pas assez libre ;il sait, ou il doit savoir, combien cette liberté est funeste, combienpromptement elle dégénéré en licence, et je le renvoie pour lesexcellentes raisons queje pourrais donner, au messagedu directoire,qu’il signa dans le teins pour demander la limitation. Quant à laliberté d’émettre son opinion sur toute matière, le citoyen Carnotest un exemple vivant, qu’il n’y a ni difficulté, ni danger à l’émettretoute entière ; il a vote comme il vient de vous le rappeler, contrele consultât à vie, en a-t-il depuis siégé parmi nous avec moins depaix et de sécurité.

Il vient d’émettre, et d’émettre seul, une opinion contraire àcelle de tous ses autres collègues, qui serait partout une sorte de té-mérité. A-t-il été entendu avec moins de calme et de respect queceux dont l’opinion jouissait de la faveur de l’assemblée.