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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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drons comme notre collègue Delpierre l’a déjà fait avec beaucoupde force et de raison, qu’il n’y a aucune comparaison à faire entreun peuple encore presque neuf, dont la ma jorité éparse sur unterritoire immense, et s'occupant presque uniquement d’agricul-ture, conserve toute la simplicité de ses mœurs primitives, et unenation parvenue depuis long-tems au plus haut degré de civilisationet où le besoin des richesses s’est introduit avec le luxe, et la cor-ruption des mœurs avec le luxe et le besoin des richesses. Danscelle-ci le commerce, l’industrie, le luxe et la dissipation sont au-tant de rauses continuelles qui détruissent l’égalité des fortunes,et de cette inégalité naissent les ambitions et les moyens de les sa-tisfaire aux dépens de la liberté et de la tranquillité publiques,lorsque le champ leur est ouvert par la constitution même de létat,et qu’il n’y a pas un pouvoir assez vigoureux pour les contenir.Dans l’autre, au contraire, la simplicité des mœurs tend constam-ment à conserver cette égalité, ou du moins à ne pas la rendrenécessaire à la tranquillité de l’état, et à modérer les désirs ambi-tieux des individus. Cependant malgré les circonstances et le mé-rite personnel du président actuel des Etats-Unis , malgré les ser-vices importuns qu’il a rendus, et qu’il vient de rendre encore àson pays, l’approche de l’époque où l’on doit nommer à ses fonc-tions, a excité déjà des brigues et des cabales, qui ont fixé l’atten-tion puptique. Puissent les habitans de ces heureuses contrées s’entenir long-tems à ces moyens, encore peu dangereux.

Mais ne nous flattons pas que nous serions en général assez dé-gagés d’ambition pour les imiter en pareil cas.

Quoi qu’il en soit, la fâcheuse expérience que nous avons faitedu gouvernement démocratique, eut du moins cet avantage, qu’enl’an 8. elle nous ramena au système nécessaire, et dont nous éprou-vons de si heureux effets, de l’unité de pouvoir et d’action dans lesmains du premier Consul. Mais, comme si les hommes qui sesont écartés de la vérité, étaient condamnés à parcourir le cerclede toutes les erreurs avant de revenir au point qu’ils ont eu l’impru-dence de quitter, notre retour au système de gouvernement leplus convenable à la France ne fut qu’incomplet; on méconnut la.nécessité de l’hérédité dans la même famille: les événemenset la force des choses nous y ramènent aujourd’hui; etce sont nos ennemis qui nous la font sentir par leurs attentats réi-térés contre la personne du magistrat suprême dont l’autorité tuté-laire dans l’ordre actuel des choses, serait nécessairement, suspen-due après sa mort, au moins pendant tout le tems indispensablepour élire ou confirmer son successeur. Cette circonstance seulesuffirait pour nous éclairer sur le défaut de stabilité de notre gou-vernement, tant qu’il sera fondé sur le système électif, quand mêmeles dangers et les inconvéniens de ce système ne nous seraient pasconnus; car si, comme personne n’en doute, nos ennemis craig-nent sur le génie de Bonaparte , ses talens et même sa fortune, ilscraignent aussi la nation, qu’ils aimeraient iwîeux voir se déchirer de-