Buch 
1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
Entstehung
Seite
1187
JPEG-Download
 

1187

ses propres mains, que de courir contre elle les chances des com-bat. Us ne fondent donc pas seulement leurs espérances sur lamort du premier Consul ; ils les fondent aussi sur les rivalités quel’ambition pourrait exciter après sa mort entre nos guerriers, dontils sont incapables d’apprécier le désintéressement et le dévouementà la patrie, ils comptent sur les troubles intérieurs, sur les guerresintestines qui eu seraient la suite inévitable, si leurs affreux cal-culs se réalisaient, et sur les ébranlemens politiques de toute es-pece, que les passions ambitieuses ne manqueraient par d’exciterdans cette circonstance, dont l’idée seule est alarmante, et dontils s’empresseraient de profiter pour l'accomplissement de leurs fu-nestes projets,

Il n’y a que l’hérédité qui puisse les déjouer et prévenir les dan-gers que des exemples assez récens ne nous permettent pas de re-garder comme chimériques. Quel est l’homme qui, pensant auxdéchiremens que le système électif a fait éprouver à la Pologne , necraindrait pas d’exposer son pays à de si grands malheurs? Si lesfaits ne parlaient pas encore plus haut que les autorités, nous rap-pellerons ici aux partisans de ce système les argumens irrésistiblesque Mabiy, dont ils ne contestent pas sans doute l’attachementaux principes de la liberté, adressait à la confédération de Bar ,pour lui prouver qu’il importait à la Pologne de rendre sa couronnehéréditaire, parce que, disait-il, indépendamment du silence deslois et des troubles intérieurs durant un interrègne, par une actionréciproque, l’election amené un mauvais régne, et un mauvaisrégné prépare une élection vicieuse.

En vain dirait-on que les agitations politiques tiennent le peupleéveillé sur ses droits, et préviennent les abus du pouvoir. LesFiançais éternellement en proie aux mêmes désordres, se lasse-raient de défendre un ombre de république qui deviendrait à chargeà tous les citoyens, et ne produirait que des despotes et desesclaves.

Ainsi les Anglais , dans l’avant dernier siècle, après bien des ef-forts inutiles pour établir chez eux la démocratie, fatigués des agi-tations que ces essais infructueux leur avait causées, se virentforcés des se reposer dans le gouvernement même qu’ils avaientproscrits.

Les Français ne sont point réduits à cette fâcheuse nécessitéNon, ce ne sera point en faveur d’une dynastie dégénérée, trans-fuge et traître à la patrie, que nous rétablirons l’hérédité, et quelleque soit notre admiration pour le héros que la reconnaissance pu*blique y appellera, nous ne lui sacrifierons point, comme on l’a dit,notre liberté pour prix de ses services. Jamais un vœu contraireaux principes sacrés de la souveraineté du |>euple, ne sortira dusein du tribunat, et celui que nous nous proposons d’émettre ence moment, n’a pour objet que de consolider les institutions quiseules peuvent garantir à la nation l’exercice de ses droits.

Est-ce donc sacrifier la liberté publique, que de donner au goti-