nue ; on lui en composa une des plus illustres. Si Rome avait été fondéepar un lils du dieu Mars et par le nourrisson d’une louve, Paris dut l’êtrepar un prince échappé au sac de Troie, par Francus, fils A'Hector, qui, devenuroi de la Gaule , après avoir bâti la ville de Troyes en Champagne , vint fondercelle des Parisiens , et lui donna le nom du beau Pâris , son oncle. Mais la véri-table histoire repousse ces chimères, et donne à Paris une origine plus simple,plus vraie et moins héroïque.
Il paraît que la nation des Parisii, ou Parisiens , se composait d’une tribu cel-tique, peut-être originaire de la Belgique ; que ce peuple, échappé aux fers deses ennemis, vint occuper un territoire sur les bords de la Seine et sur lesfrontières des Senones . Un demi-siècle s’était à peine écoulé depuis cet établisse-ment, lorsque César vint dans les Gaules . Les vieillards de la nation parisienne ,dit ce conquérant, en conservaient encore la mémoire, ainsi que celle des con-ditions qui les liaient aux Senones . Voilà tout ce que l’histoire nous fournit surle premier état connu des Parisiens . On n’a débité que des fables en prêtantune plus haute antiquité à cette nation, qui n’est mentionnée par aucun écri-vain antérieur à César.
Le territoire concédé aux Parisiens ne devait pas avoir, dans sa plus grandeétendue, plus de dix à douze lieues. Au nord, il était borné par celui desSilvanectes, dont le chef-lieu est représenté par la ville de Senlis ; à l’est, parcelui des Neldi (Meaux ); à l’est et au sud, par le territoire des Senones (Sens);au sud et à l’ouest, les Parisiens avaient pour voisins les courageux Carnutes,habitants du pays Chartrain. On ignore si la position de Corbeil dépendait desParisiens ; mais on a la certitude que Melun n’en dépendait pas et apparte-nait au territoire des Senones . On est certain aussi que les positions de Jouare( Divodurmn ), de Sainl-Germain-en-Laye et de Pontoise , étaient hors du terri-toire parisien.
La Seine , traversant ce territoire, formait, au point où se trouve aujourd’huiParis , cinq îles dont la plus étendue fut, par les nouveaux habitants, choisiepour leur place de guerre : c’est celle qui reçut le nom de Lulèce ou de Luco -tèce, et ensuite celui de la Cité. La surface de cette île était alors moins granded’un cinquième environ qu’elle n’est aujourd’hui. Cette île, nommée Lut'eeeou Lucotèce et dénuée de murs d’enceinte, n’avait de fortification que le coursde la Seine . Elle n’était point une ville; les Gaulois, à cette époque, n’enavaient point : ils habitaient des chaumières éparses dans les campagnes, etlorsqu’ils craignaient une attaque, ils se retiraient, avec leurs familles et leursbestiaux, dans leurs forteresses, et y construisaient à la hâte des cabanesoù ils abritaient leurs personnes et leurs provisions. Telles furent l’humble ori-gine de la nation parisienne et l’étendue de son territoire. Où l’histoire est endéfaut peuvent se placer des conjectures : je vais en hasarder une sur l’étymo-logie du nom Parisii.
11 est vraisemblable que ce nom n’était point originairement celui de la na-tion à laquelle les Senones concédèrent un territoire, mais qu’il provenait plutôtde la situation de ce territoire sur la large frontière qui séparait la Celtique dela Belgique . 11 existait dans la Gaule et dans la Grande-Bretagne plusieurs