ORIGINE DE LA NATION PARISIENNE. 3
autres positions géographiques, appelées Parmi, Barisii. Les radicaux Par etBar sont identiques, les lettres P et B étant prises très-souvent l’une pourl’autre (1). Les habitants du Barrois sont nommés Barisienscs, comme ceux deParis , Parisien ses. Or, le Barrois était la frontière qui séparait la Lorraine de laChampagne . 11 est certain que toutes les positions géographiques dont les nomsse composent du radical Bar ou Par sont situées sur des frontières. Il faudraitdonc en conclure que Parisii et Barisii signifient habitants de frontières, etque la peuplade admise chez les Senones ne dut son nom de Parisii qu à son eta-blissement sur la frontière de cette nation.
Cette conjecture est certainement plus acceptable que celle qui fait deriveile mot Paris du nom d’un prince troyen, et de celui d’un certain roi appeléIsus, ou de la déesse Isis, qui l’un ou l’autre sont, avec Francus, signalescomme les fondateurs de Paris . C’est en conséquence de l’une de ces deuxprétendues origines qu’on a longtemps soutenu qu 'Isis était une divinité desParisiens , mais on n’a trouvé aucun monument pour donner du poids à cettedernière conjecture. Le nom à.'Isis , d’ailleurs, ne peut en aucune façon être
regardé comme le radical du mot Parisii.
Nous n’avons que peu de notions sur les divinités adorées par les Parisiens
avant la domination romaine. Les Gaulois ne représentaient point leurs dieuxsous des formes humaines ; ils n’adoptèrent cet usage que lorsque leur religionse fut confondue avec celle des Romains, leurs vainqueurs. Les bas-reliefs etles inscriptions qui furent découverts en 1711 sous l’église Notre-Dame , et queje décrirai dans la période suivante, offrent des divinités gauloises mêlees auxdivinités du Capitole.
Les monuments du culte gaulois consistaient ordinairement, non en figureshumaines, l’art du statuaire leur étant inconnu, mais en pierres brutes, enobélisques grossiers plantés en terre, qu’on a nommés pierre fixe, pierre fite, etc.
Le village de Pierrefite , situé au delà de Saint-Denis , doit évidemment sonnom a un pareil monument. Une autre sorte de monument religieux des Gau-lois consistait en un groupe de plusieurs pierres de forte dimension, dont l’une,plus large, était élevée sur plusieurs autres qui lui servaient de soutien, etdont l’ensemble formait un autel rustique. On les nomme le plus ordinairementdolmen, pierres levées. Une rue de Paris , située dans le quartier du Temple,porte le nom de Pierre-Levée ; ce nom indique certainement un monument del espèce que je viens de décrire. On pourrait ajouter que les noms de PierreAulard, Pierre Olet, que portent des rues de Paris , ont une pareille origine;mais ce n’est là qu’une conjecture fondée sur la ressemblance de ces nomsavec ceux de quelques monuments celtiques connus. Nous devons dire, enrésumé, que le temps, la population, les événements politiques ont effacé du solparisien presque toutes les traces du culte de ses antiques habitants.
Ee plateau de Sainte-Geneviève, nommé du temps des Romains Mons Luco-Ütius, dont une partie est depuis longtemps consacrée au christianisme, paraît1 avoir été antérieurement au culte gaulois . J’appliquerais la même conjecture