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HISTOIRE DE PARIS aux éminences dites Montmartre et Mont-Valérien , les points les plus élevés deceux qui bornent l’horizon de Paris . Je présume que leurs cimes étaient autre-fois, comme elles sont aujourd’hui, des lieux consacrés, des hauts lieux. C’estune vérité constatée que les cultes qui se sont succédé ont changé d’objet, maisn’ont point changé de place. Sur l’esprit du peuple, la routine a plus d’empireque les dogmes religieux.
Les chrétiens, lorsqu’ils eurent, à l’instar des païens, adopté des cérémonieset l’usage des temples, établirent, pour assurer le succès de leurs prédications,les objets de leur culte dans le lieu môme où le paganisme avait célébré le sien.Saint Grégoire, évêque de Rome , recommande expressément l’observation decette règle, dont plus d’une fois j’aurai l’occasion de faire l’application.
LES PARISIENS SOUS LA DOMINATION ROMAINE.de l’établissement des bomains dans les gaules.
En l’an 700 de la fondation de Rome , cinquante-quatre ans avant notre èrevulgaire, la nation des Parisii figure pour la première fois sur la scène histo-rique, et y joue un rôle très-secondaire, conforme à son peu d’importance.
Jules César , poursuivant la conquête du monde, avait déjà soumis une partiede la Gaule . Pressé par le besoin de renforcer sa cavalerie pour continuer laguerre, il convoqua, dans un lieu qu’il ne nomme pas, une assemblée généraledes nations gauloises. Celles des Treveri , des Carnutes, des Senones , les pluspuissantes, ne s’y présentèrent point. L’absence des députés de ces nations an-nonçait au général romain des intentions hostiles, et déconcertait son plande conquête. Instruit que la faible nation parisienne , quoique dépendante desSenones , n’avait pris nulle part à cette résistance, il convoqua une nouvelleassemblée dans Lulèce, place forte des Parisii, et marcha le même jour, àla tête de ses légions, contre les Senones indociles, qui, à son approche, pro-mirent d’envoyer des députés. Les Carnutes imitèrent cet exemple. César , par-venu à réunir dans Lut'ccc les principaux de la Gaule , les fit se résoudre à luifournir un secours de cavalerie, unique objet de sa convocation.
L’année suivante, presque toutes les nations gauloises se soulevèrent; etCésar , péniblement victorieux en Berri, battu en Auvergne , se vit forcé defuir et d’aller rejoindre les légions que Labienus , son lieutenant, commandaità Agedincum, place située sur le territoire des Senones . Cependant les nationsvoisines des Parisiens avaient aussi levé l’étendard de l’insurrection, et cher-chaient a secouer un joug odieux. A cette nouvelle, Labienus se dirigea vers lesinsurgés de son voisinage. Il partit d 'Agedincum, aujourd’hui Sens, longeala rive méridionale de la Seine et s’avança vers Lulèce, place forte des Pa-risiens.
Les Gaulois insurgés, instruits de l’approche de Labienus et des légions romai-nes, rassemblent des troupes nombreuses, en confient le commandement à