SOUS LA DOMINATION ROMAINE. 7
Jules César avait fait bâtir le Grand-Châtelet. Ils le disent sans preuve. Cetteassertion insoutenable sera réfutée quand je parlerai de cet édifice. ^
La description des monuments antiques, découverts ou conseives a Paris ,peut donner une partie de la physionomie de cette place pendant la domination romaine, et suppléer, à quelques égards, au silence des histoiiens. e esdécrirai donc, en commençant par les antiquités de 1 île de la Cite, puis, jeviendrai à celles qu’on a trouvées au delà de l’une et de 1 autie îive e aSeine . 11 faut chercher dans le sein de la terre les lumières que 1 histoire nous
refuse.
ILE DE LA CITÉ, SES POINTS, SES ANTIQUITÉS.
île de la cité du paris. Cette île moins grande autrefois qu’elle n a étédepuis, parce qu’on y a réuni, du côté de l’ouest, deux petites îles, et, du côtéde l’est, un terrain ou monticule factice, n’était pas, môme du temps de Julien,protégée par un mur d’enceinte. Cet empereur, dans son Misopôgôn , aprèsavoir parlé de la Cité de Paris , qu’il nomme sa chère Lutece , ajoute : «Elle” est entièrement entourée par les eaux de la rivière, et située dans une île» peu étendue, où l’on aborde de deux côtés par des ponts de bois (1). »
H est présumable que, vers la fin de la domination romaine, et il est certainqu’au commencement de celle des Francs, cette île était défendue par uneenceinte de murailles. A la fin du quatrième siècle, l’île de la Cité devaitcontenir un palais ou édifice destiné à l’ordre municipal. Cet édifice occupaitcertainement l’emplacement du Palais-de-Justice. À l’autre extrémité de lîle,et à la place d’un autel dédié à Jupiter, autel dont je donnerai la description,lut établi, lorsque le christianisme eut fait des progrès, un temple chrétien,dédié à saint Étienne. Entre ces deux établissements était une place destinée
au commerce, place dont je prouverai l’existence.
ponts. Par deux ponts en bois établis sur l’une et l’autre rive de la Seine, oncommuniquait à l’île de la Cité. Le Petit-Pont, où aboutissait la voie romainevenant du côté du midi, était placé au même point où se trouve aujourdhuicelui qui porte le même nom; le Grand-Pont occupait à peu près l’emplace-ment du Pont-au-Change. Ces ponts ne se correspondaient pas directement;pour arriver du Petit-Pont au Grand-Pont, la route suivait la ligne de la ruedu Marché-Palu, se détournait à gauche en formant un angle, se continuaitdans la direction de la rue de la Calandre, qui aboutissait à la place du Com-merce, laquelle fut, pendant longtemps, nommée place Saint-Michel , à caused une chapelle de ce nom qui s’y trouvait. La rue de la Calandre est dans lesanciens titres ainsi désignée : Une par laquelle on va du Petit-Pont à la placeSaint-Michel. De cette place, la route se dirigeait vers le Grand-Pont.
La disposition extraordinaire, incommode et tortueuse de ces deux pontsa certainement une cause. Le Petit-Pont devait originairement être à la place
(1) L’aldié de la liletterie a traduit inexactement le Misopôgônprince que cette place était environnée de murailles.
de Julien, lorsqu’il fait dire à ce