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de celui qu’on nomme aujourd’hui Saint-Michel. La voie romaine venant duvillage d’Issy passait sur ce pont présumé et traversait sans détour l’île de Lu-t'ece jusqu’au Grand-Pont. Mais, lorsqu’on établit le palais des Thermes et lesjardins, pour ne point diviser leur ensemble, cette voie fut détournée et portéeà l’endroit où est aujourd’hui la rue Saint-Jacques; et le Petit-Pont, déplacé,fut construit dans la direction de cette rue. Je ne crois pas qu’on puisse expli-quer d’une manière plus vraisemblable les détours de cette route et la dispo-sition indirecte de ces deux ponts.
antiquités. On a découvert, à différentes époques, plusieurs antiquités gallo-romaines dans l’île de la Cité.
C’est ainsi qu’en août 1784, lorsqu’on construisait les bâtiments du Palais-de-Justice, situés rue de la Barrillerie, en face la Sainte-Chapelle , on a trouvé,en fouillant profondément le sol, parmi plusieurs pierres qui paraissaient ap-partenir à un édifice très-ancien, un cippe quadrangulaire, décoré de quatrebas-reliefs représentant Mercure, Maïa, mère de ce Dieu , Apollon avec des attri-buts divers, et Horus , emblème du soleil au printemps (1). Ce cippe est déposéau cabinet d’antiquités de la Bibliothèque Royale. — Des ouvriers, en 1829, ontrencontré sur l’emplacement de l’église Saint-Landri, à environ dix pieds deprofondeur, une forte muraille, dont la direction était à peu près parallèle aucours du petit bras de la Seine . Cette muraille se composait en grande partiede débris de pierres ornées de bas-reliefs dont l’ensemble représentait unevictoire obtenue par des moyens frauduleux, par des ruses de guerre plutôtque par le courage des combattants. Ces bas-reliefs provenaient évidemmentde la façade d’un édifice qui paraît être de la catégorie de ceux qui abondaientà Rome , et qu’on nommait œdes sacrœ (maisons sacrées). Auprès des débrisdont nous venons de parler, on a recueilli une pierre quadrangulaire chargéede figures très-frustes, une pierre brisée par le bas, que l’on regarde commeun autel votif, les restes d’un bas-relief où l’on voit trois prisonniers deguerre plus grands que nature, et d’un beau travail, qui ont dû appartenir à unmonument triomphal ; puis des vases, des lampes, un amas d’ossements humainset d’animaux, qu’on a transportés aux Catacombes, et qui attestent que là,ou près de là, fut donnée une bataille. Enfin, on a trouvé, sur un terrain voisinde la muraille, douze médailles, presque toutes romaines, et la plupart frustes.La plus ancienne est d’Antonin-le-I'ieux, et la plus récente porte la face et lenom du tyran Magnus Maximus , qui régna dans les Gaules depuis l’an 373jusqu’en 388. C’est sans doute ce Maximus, vainqueur de l’empereur Gratien ,qui aura fait élever, après sa victoire, ce monument commémoratif, dont fai-saient partie les bas-reliefs que nous venons d’indiquer. 11 est probable aussi que
(t) Sur l’une des faces, on lit l’inscription suivante :
AUG. JOYI. TIB. CÆSARE.
NAUTAE. PARISIAC. MAXUMO.... M.
PUBLICE. POSÜERUN'T.
C’est-à-dire: « Sous Tibère-Auguste, les bateliers parisiens ont publiquement élevé cet autel àJupiter très-bon, très-grand. »