SOUS LA DOMINATION ROMAINE. 9
ce Maximus ayant été décapité par l’ordre de Théodose , "Valentinien , a sonarrivée dans les Gaules , aura ordonné la démolition de ce monument, dont lesmatériaux, dans la suite, auront servi a la construction de la muraille de laCité. Pour compléter ces indications, nous dirons qu’en 1711, en creusantsous le chœur de l’église cathédrale de Notre-Dame de Paris , on a recueillineuf grosses pierres cubiques offrant, sur leurs diverses faces, des bas-reliefset des inscriptions latines. On remarque dans ce monument la réunion des dieuxgaulois et romains, des dieux des vainqueurs et de ceux des vaincus, l associationpaisible des divinités du Capitole, Castor , Pollux, Jupiter, Vulcain, Vénus,
Mars, etc., avec les dieux barbares Esus et Cernunnos ; association qui devenait
facile entre des religions qui n’étaient point exclusives.
De toutes ces pierres trouvées dans un même lieu, de leurs formes diverses,
de leurs inscriptions et de leurs bas-reliefs, il résulte que, sous le règne deTibère , entre les années 14 et 37 de notre ère, il existait chez les Parisiens unecorporation de bateliers \naulce), ou navigateurs sur la Seine , comme il y euavait dans plusieurs autres lieux de la Gaule , situés sur des rivières facilementnavigables; que cette corporation de bateliers fit, à cette époque, ériger, àl’extrémité orientale de l’ile de Lutèce , un monument religieux dédié spéciale-ment à Jupiter ; que ce monument était isolé, puisque les pierres cubiques quile composaient sont sculptées sur leurs quatre faces ; que l’ensemble de ce mo-nument formait un autel situé au confluent des deux bras de la Seine . C’est ainsiqu’à Lyon , à Saintes , et dans d’autres lieux de la Gaule , des autels étaient placésau confluent de deux rivières ; que ce monument, composé de pierres cubiques,formait une pile ou piédestal d’environ six pieds de hauteur, qui vraisemblable-ment portait la statue de Jupiter; que ce piédestal était accompagné de deuxautels, l’un destiné aux sacrifices, et l’autre à faire brûler de l’encens ; enfin,que les pierres qui n’ont pas en largeur la même dimension que les autres ont
pu appartenir à des parties accessoires du monument principal.
Je dois faire observer qu’à l’époque de l’érection de ce monument, les routesde terre étant rares et impraticables, les Komains n’effectuaient le transport desvivres et munitions nécessaires à leurs armées que par la voie des rivières navi-gables. Lutèce , située sur la Seine , rivière dont la navigation est commode, danslaquelle viennent déboucher quelques autres, telles que l’Yonne , la Marne et1 Oise , parut dans une position heureuse, et servit de point central à la naviga-tion d’une partie de la Gaule . Aussi voit-on, vers la fin du quatrième siècle,qu il existait sur la Seine , à Andresy , une flotte de bateaux sous la direction d unpréfet résidant à Paris ; et que, lorsque les Francs eurent succédé aux ltomains,une corporation de bateliers s’est maintenue longtemps dans cette ville, sous lenora mercatores aquœ parisiaci , de marchands par eau, de la confrérie desmarchands de l’eau, corporation si puissante au moyen âge, que cest elle qui
fournissait la ville de magistrats municipaux.
prison de glai.'cin. Il est très-présumable, mais il n’est pas certain, quil
existait, du temps de la domination romaine, sur la rive de la Seine, près du
Pont-au-Change, et sur l’emplacement du Quai-aux-Fleurs, une prison dont parle
Grégoire de Tours , et que l’auteur des Gestes du roi Dagobert nomme carcet
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