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Glaucini, prison de Glaucin ; elle était voisine d’une porte de Paris . Je place cetteprison sur le Quai aux Pleurs, parce que deux églises, celles Saint-Denis etSaint-Symphorien, à cause de leur voisinage de cette prison, ont porté le sur-nom de la Chartre, mot qui signifie prison, et que ces églises étaient situées prèsde ce quai. Je place cet établissement pendant la période romaine, parce qu’on ala preuve de son existence peu de temps après cette période ; parce que les pre-miers rois francs n’étaient guère en usage de faire construire des édifices civils,et que le mot Glaucin est latin. Une tour voisine de cette prison, ou qui en faisaitpartie, se nomma d’abord Tour de Marqueras, puis Tour Roland.
On voit que le quartier de la Cité, aujourd’hui peu brillant, l’était beaucoupsur la fin de la domination romaine, et contenait plusieurs établissements quilui donnaient de l’importance. Voyons si les autres quartiers de Paris avaientles mêmes avantages.
ANTIQUITES DE LA PARTIE SEPTENTRIONALE DE PARIS .
L’espace encadré par le cours de la Seine et les hauteurs de Chaillot, de Clicliy,de Montmartre , de Ménilmontant et de Charouné, qui contient aujourd’hui lapartie la plus étendue, la plus peuplée, la plus industrieuse de Paris , était, dansles premiers temps de la période romaine, une solitude composée de forêts et demarécages. Au quatrième siècle, des édifices y furent construits, et l’on vit dèslors s’élever au milieu de ce terrain sauvage les productions des arts et de l’opu-lence. Des fouilles exécutées sur divers points ont révélé des faits que l’histoires’obstinait à nous cacher.
Cette partie de Paris était traversée par une voie romaine, qui, partant de laCité et du Grand-Pont, aujourd’hui remplacé par le Pont-au-Change, se dirigeaitau nord jusqu’aux environs du Marché-dcs-lnnocents. Il paraît qu’au nord dece pont^était, à droite, un terrain appelé Tudella , nom commun à plusieurs an-ciens lieux de France , et qui désigne une fortification. Puis on arrivait à unebifurcation, dont une branche suivait la direction de la rue Montmartre, passaità Clichy , et de là au bourg de YEstrée, près Saint-Denis, puis à Pierre-Laie et àPontoise . Quelques parties de cette voie romaine subsistent encore entre ces deuxdernières positions.
L’autre branche se dirigeait vers les lieux nommés depuis Saint-Denis , Pierre-fitte , etc. Il existait certainement d’autres routes, et notamment une qui suivaitla direction de la rue Saint-Antoine; elle s’est conservée jusqu’au douzièmesiècle, et était alors qualifiée de voie royale. Passons aux établissements romainscontenus dans cette partie de Paris .
aqueduc de chaillot et bassins du palais-royal . Un aqueduc souterrainprenait son commencement sur les hauteurs de Chaillot, à la source des eauxminérales de ce lieu, traversait les emplacements des Champs-Élysées, d’unepartie du jardin des Tuileries , et aboutissait vraisemblablement vers le milieudu sol occupé par le jardin du Palais-Royal . Lorsqu’en I7G3 on travaillait à laformation de la place Louis XV, on reconnut les tuyaux de conduite de cet aque-duc. On découvrit à Chaillot un reste de maçonnerie antique qui présente une