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HISTOIRE DE PARIS ,des préfets romains qui résidaient dans le chef-lieu des Parisiens , préfets dontje parlerai dans la suite. Le bassin qu’on a découvert dans le jardin du Palais- Royal , jardin très-voisin de la rue Vivienne, et l’aqueduc qui semble y aboutir,ainsi que les autres antiquités trouvées dans la même rue ou dans le voisinage,rendent vraisemblable, sinon l’existence de cette habitation romaine, au moinscelle d’un lieu consacré aux sépultures et aux ablutions d’une classe particu-lière et puissante de quelques habitants de Lutèce. Ce cimetière, destiné auxgens opulents, n’était pas le seul dans la partie septentrionale de cette ville ;on verra bientôt qu’il en existait un second plus considérable.
tète de cybèle. Dans les fondements d’une ancienne tour dépendante de lamuraille de Paris , située au bout de la rue Coquillère, vis-à-vis l’église Saint-Eustaclie, on rencontra, en 1657, une tête de Cybèle en bronze, plus grande quenature, couronnée d’une tour élevée, symbole caractéristique de cette divi-nité (1). Peut-être que là se trouvait un autel ou œdiculum consacré à Cybèle .Cette tète de bronze, découverte dans un lieu voisin de l’église Saint-Eustache ,me le fait croire. Toujours à l’endroit destiné au culte d’une divinité païenne,les chrétiens plaçaient le culte d’un saint (2). Il ne faut pas quitter cette partiede Paris sans parler des antiquités trouvées dans des lieux autrefois éloignés decette ville, et qui aujourd’hui lui sont contigus.
faubourg de lutèce. Dans cette même partie de Paris , au nord de la Seine ,était un faubourg dont parle Ammien Marcellin . Julien, apprenant l’arrivée pro-chaine des troupes auxiliaires qui devaient passer par le chef-lieu des Parisiens ,pour se rendre en Perse, fut, suivant l’usage, dit Ammien Marcellin , au-devantd’elles, daus le faubourg : In suburbanis princeps occurrit. Ces troupes, compo-sées A 1 2 lira les, de Bataves, de Pétulants, de Celtes, et de l’élite de plusieurslégions, venaient du nord : le faubourg où Julien fut à leur rencontre était doncde ce côté.
second cimetière du faubourg septentrional. Nous avons acquis lapreuve qu’il existait, pendant la période romaine, un second cimetière destinéaux morts de la ville et de ce faubourg. Il occupait l’espace compris entre larue de la Yerrerie, la rue du Mouton, la place de Grève, le marché Saint-Jean etl’emplacement de l’église Saint-Gervais ; sans doute il s’étendait au delà de ceslimites.
Dans la rue de la Tixeranderie, en face de celle du Mouton , est l’emplacementd’un ancien hôtel des comtes d’Anjou. En fouillant les fondations de cet hôtel,on découvrit, en 1612, plusieurs tombeaux antiques. L’un contenait un sque-lette et des médailles, dont la plus récente appartenait au tyran Magnence , pro-clamé auguste dans la Gaule en l’année 350 ; l’autre, gravée dans les Antiquitésde Sallengre, porte pour inscription : Patilius, fils de Partichus . La place dumarché Saint-Jean, peu distante de la rue de la Tixeranderie et de l’église Saint-
(1) Elle est dans le cabinet des Antiquités à la Bibliothèque Royale.
( 2 ) A la place de l’autel de Jupiter, situé dans la Cité de Paris , les chrétiens ont substitué uneéglise dédiée à Notre-Dame ; à la place d’un autel à Bacchus, le culte d’un saint Bacchus; le cippeantique, offrant des images de quatre divinités païennes, existait près du lieu où depuis on aconstruit la Sainte-Chapelle du Valais , etc.