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une fabrique de vases romains. Cette voie suivait ensuite la direction de la rue Mouffetard , et, traversant le champ des sépultures, que je mentionnerai bien-tôt, aboutissait à un lieu appelé Mons Cetardus. Ce lieu a reçu dans la suite lenom de Saint-Marcel; mais la rue qui y mène a conservé, à quelques altérationsprès, sa dénomination antique ; de Mons Cetardus on a fait Monl-Cètard, puisMouffetard .
Yoici les objets contenus dans l’espace que je viens de décrire :
palais des thermes. Des restes de cet antique édifice sont situés dans lequartier compris entre les rues de la Harpe, du Foin , Saint-Jacques et des Ma-thurins. Ils sont une dépendance de l’hôtel Cluny, où se trouve une collectiond’antiquités, formée par M. Dusommerard, et acquise dernièrement par le gou-vernement.
Depuis environ sept cents ans, les restes des Thermes de Paris ont porté lenom de Palais des Thermes et le portent encore. Ce palais était certainement lemême que celui où quelques Césars ont, dans les troisième et quatrième siècles,passé leurs quartiers d’hiver. Trois écrivains de l’antiquité, donnant des dé-tails sur ce palais de Paris , l’indiquent ou le qualifient honorablement. Julienle désigne sans le nommer, lorsque dans son Misopôgôn , qu’il composa à An tioche , il raconte un événement dont il faillit être la victime. « Autrefois, dit-il,» je passai mes quartiers d’hiver dans ma chère Lutèce; c’est ainsi que les» Gaulois nomment la petite forteresse des Parisiens . » Il ajoute que, pendantun hiver rigoureux, il se refusa d’abord à ce qu’on allumât des fourneaux des-tinés à réchauffer la chambre où il couchait, mais que, le froid devenant plusâpre, il consentit, afin de sécher les parois des murs couverts d’humidité, à cequ’on y apportât des charbons ardents, dont la vapeur l'incommoda beaucoup.Julien, dans son manifeste adressé au sénat et au peuple d’Athènes , en racon-tant les événements qui précédèrent son élévation à la dignité d’auguste, parleplusieurs fois de ce palais, où il résidait avec son épouse Hélène, sœur de l’em-pereur Constance; de l’arrivée des troupes étrangères qui se rendirent à Paris ,de leur soulèvement, et d’une chambre voisine de celle de son épouse, où ilméditait sur les moyens d’apaiser le tumulte des troupes qui environnaient lepalais.
Joignons à ces détails ceux que nous fournit l’historien Zozime, en décrivantles scènes tumultueuses dont le palais de Paris et ses environs furent le théâtre.Il lui donne la qualification honorable de basilique, qui signifie royal; il racontecomment des troupes auxiliaires, récemment arrivées des bords du Rhin àParis , pour de là se rendre sur les frontières de la Perse, mécontentes d’uneexpédition aussi lointaine, résolurent d’élever le césar Julien, qui résidait alorsà Paris , à la dignité d’auguste. Irritées des refus de ce prince, elles se portèrentavec fureur au palais, et en brisèrent les portes.
Ammien Marcellin entre dans de plus grands détails sur cet événement, quise passa dans Paris en l’an 360. Il qualifie l’édifice où logeait le césar Julien depalais, p ilatium; de maison royale, regia; il nous apprend que cet édifice conte-nait des appartements secrets ou souterrains, latebras occultas , où Julien alla serenfermer pour sc dérober aux poursuites des troupes auxiliaires, qui, l’ayant