Buch 
Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
Entstehung
Seite
20
JPEG-Download
 

20

HISTOIRE DE PARIS

sur sa position : les uns le placent à la porte Baudet, commence la rue Saint-Antoine, les autres dans la Cité, devant le Palais-de-Justice.

Ce camp était situé près du palais des Thermes; daprès le récit dAmmieuMarcellin, on voit que les communications du camp à ce palais sexécutaient avecpromptitude. Zosime atteste positivement que le lieu campaient les troupesétait voisin du palais. Je ne vois quun seul emplacement convenable à ce camp;les autres sont trop éloignés , car il aurait fallu traverser la Seine pour syrendre ; ils sont peu commodes, et on a la preuve que ces emplacements étaient,du temps des Romains, employés à des usages qui ne pouvaient convenir àun camp. Cet emplacement, presque contigu à lenclos du palais des Thermes,est aujourdhui occupé par quelques maisons des rues de Yaugirard et dEnfer ,et par la partie orientale et le parterre du jardin du Luxembourg. Les diversesantiquités qui y furent découvertes viennent encore à lappui de cette conjecture.Dabord je dirai que les mouvements du terrain nont produit aucun indicede tombeaux, aucune fondation dédifice romain, rien de stable, mais beaucoupdobjets mobiles et convenables à des campements. Déjà, avant ces travaux, onavait déterré quelques objets trc^portatifs consacrés au culte. Sauvai nousapprend que, lorsquon jeta les fondements du palais du Luxembourg , sous larégence de Marie de Médicis , on découvrit une figurine en bronze de cinq à sixpouces de hauteur; elle représentait Mercure. M. de Caylus recueillit dans lasuite une petite idole dApollon en bronze, trouvée près de langle oriental dumême palais , du côté du jardin.

Dans les fouilles faites en 1801, on déterra quelques figurines de divinités,une petite idole de Mercure en bronze, une tête de Cybèle de même métal, etquelques instruments que lon croit destinés aux sacrifices. Des objets qui appar-tiennent aux repas et aux aliments sy montrèrent en abondance; plusieursustensiles propres à la cuisine et à la toilette, des ornements de ceinturon, desharnais de chevaux et un bout de fourreau dépée. On y a recueilli plusieursmédailles; quelques-unes celtiques, dautres consulaires, et une suite dimpé-riales, depuis Jules César jusquà Honorius . Quelques fragments de mosaïque yfurent aussi trouvés ; ils pourraient avoir appartenu à lestrade ou tribunal construitau milieu du camp, du haut duquel le chef militaire prononçait ses sentences,ses harangues ou allocutions. Tous ces objets furent découverts dans la partie dujardin du Luxembourg située à lest du parterre. Ajoutons quen 1811 et en 1817on a recueilli encore, en creusant le sol de ce même jardin , des fragments depoterie romaine, dont plusieurs étaient ornés de bas-reliefs. Tant d'antiquitésrelatives au culte, à la cuisine , aux vêtements et aux usages des soldats, réuniessur un même emplacement, annoncent que, pendant la période romaine, cetemplacement fut habité, et le fut par eux ; que ce lieu habité noffrant aucunetrace dédifice solide, la surface ne devait être couverte que de ces légèresconstructions propres aux camps, et nommées parles anciens tentoria, taberna-cula. Cette absence de constructions solides, la nature des antiquités décou-vertes, le voisinage du palais des césars et de la voie romaine, tout concourt àprouver que cet emplacement était celui du camp romain qu'il est, en outre,très-embarrassant de placer ailleurs.