HISTOIRE DE PALUS
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édifice du quai de la tournelle. Trois fragments (le marbre, représen-tant des figures en haut-relief, et un mur de cinq pieds d'épaisseur, construit depierres de taille d’une grandeur considérable, trouvés en 1735, indiquent unédifice antique, construit avec une sorte de magnificence. M. c’e Caylus conjectureque cet édifice était une chapelle bâtie par les négociants de Paris , vis à-vis del'autel érigé dans la Cité par les mêmes négociants.
Tels étaient, au quatrième siècle, la physionomie et les établissements de lapartie méridionale de Paris : le palais des Thermes, ses vastes jardins, un vignoble,un camp romain, un champ de sépulture, en occupaient presque la totalité.
La petite nation des Parisii, ou Parisiens , n’était point au rang des privilé-giées de la Gaule , au rang des nations libres , alliées ou amies des Romains,comme il s’en trouvait plusieurs que Pline a dénombrées. Sa forteresse ou chef-lieu, Lutèce , ne fut jamais colonie, ni métropole de province; elle ne jouit,sous l’empire romain , d’aucune de ces prérogatives qui peuvent favoriser l’ac-croissement et la magnificence des villes; si elle devint municipe, ce ne fut quevers la fin du quatrième siècle : elle devait être auparavant réduite à la piredes conditions politiques, à celle des vecligales. Zosime , Ammien Marcellin etJulien lui donnent des qualifications équivalentes h petite forteresse ( vastellum ,oppidulum.)
A une époque inconnue , et pendant la période romaine, les Parisiens étaientavec les Senones , les Tricassini, les Meldi et les Ædui, soumis au même régimefinancier, et sous la direction d’un seul adjoint au procurateur général : un deces adjoints est, dans une inscription, nommé Aurelius Demetrius. Ces nationsfaisaient, comme celle des Parisiens , partie de la province Lyonnaise. Deuxpréfets, vers la fin du quatrième siècle, résidaient à Paris : celui des navigateurssur la Seine , établis à Andresy [prœfectus classis Anderecianorum , Parisiis), etle préfet des Sarmates , peuple étranger, vaincu, et chargé de cultiver desterres situées entre Paris et Chora (1). La province Lyonnaise, dont Paris dépendait, étant, vers la fin du troisième siècle, divisée en deux provinces, leterritoire des Parisiens fut compris dans la première Lyonnaise. Vers la fin duquatrième siècle, on divisa de nouveau la Lyonnaise en quatre provinces, et lesParisiens se trouvèrent dans la quatrième, qu'on surnommait Senonia, parceque Sens en était la métropole.
Pourquoi la forteresse des Parisiens a-t-elle perdu ou quitté son nom primitifde Lutèce, pour prendre celui de Parisii ? pourquoi le nom de la nation a-t-il
ques célébrées de son temps, les 7 et 9 octobre, dans quelques vignobles des environs de Paris . Unvignoble près d’Orléans , appelé Bebrechien, doit ce nom à un lieu consacré à Bacchus, creaBacchi.Voy. ci-après, chup. i, article Saint-Benoît , et article Établissement du christianisme à Paris .
(1) Chora n’existe plus. Sa position, qui n’olîre que des ruines, était, comme l’a prouvé M. Pasu-mot dans ses Mémoires géographiques, sur nu tertre appelé Ville-Auxerre, près de la rivière deCure, à 1500 toises environ au nord de Sermicelles, entre Vcrmanton et Avallon .