34
HISTOIRE DE PARIS
Germain. Ce môme jour, cet évêque célébra la dédicace de cette église; et, àcause de la tunique de saint Vincent et de la croix, dont Childebert l’avait gra-tifiée, elle reçut la dénomination de Saint-Vincent et Sainte-Croix. Ce mêmejour encore, à ce qu’on croit, Childebert mourut, et fut enterré dans la basi-lique qu’il avait fondée et qu’il venait d’enrichir.
La veuve de Clotaire et ses filles furent dans la suite enterrées dans cettebasilique, ainsi que l’évêque Germain. Ces tombeaux et plusieurs autres de lamême famille, pillés et ruinés par les Normands, lors de leurs diverses incur-sions à Paris , furent rétablis, les uns dans le douzième siècle, les autresen 1656.
saint-julien-le-pauvre , ancienne église située dans la rue de ce nom. Onignore absolument son origine; elle existait au septième siècle, et, malgré la ré-volution, elle existe encore. Grégoire de Tours est le premier qui en fassemention; il la qualifie de Basilique , et nous apprend qu’il logeait dans les bâti-ments qui en dépendaient lorsqu’il venait à Paris : ce qui porte à croire que lesmaisons dépendantes de cette basilique servaient d’hospice ou de logis aux étran-gers , aux pèlerins, aux voyageurs pauvres. On sait que les voyageurs, pour ob-tenir un bon gîte, invoquaient ordinairement saint-Julien (1).
Le bâtiment de cette église, qui sert de chapelle à l’Hôtel-Dieu , est en grandepartie du onzième siècle, et peut être regardé comme un des monuments lesplus curieux de Paris . Près du chevet se trouvait un puits dont l’eau avait laréputation d’opérer des guérisons miraculeuses.
saint-severin , église paroissiale et seconde succursale de saint-sulpice,située dans la rue Saint-Severin.
L’origine de cette église est inconnue ; on ne sait pas même si le saint dont elleporte le nom était saint Severin d’Agaune, saint Severin, apôtre de la Bavière ,saint Severin, évêque de Cologne , ou saint Severin, évêque de Bordeaux , lequelest vulgairement nommé saint Surin. On a enfin cru que cette église contenait letombeau de saint Severin, solitaire d’un faubourg de Paris . L’emplacement decette basilique, compris dans l’enclos du palais des Thermes, pourrait avoir, sousdes empereurs chrétiens, servi de chapelle à ce palais ; sa fondation remonteraitalors au quatrième siècle; elle paraît être la même qui se trouve souvent men-tionnée dans le Testament qu’en l’an 700 fit une femme nommée Erminethrude.Cette femme donne de grands biens à une église de Paris , qu’elle appelle Basili-que de saint Sinsurien (Basilica sancti Sinsuriani), parce que son fils Deorovaldey était enterré.
On ignore le sort de cette église jusqu’en 1031 ou 1032, époque où Henri 1“en fit don, avec plusieurs autres églises, à l’évêque de Paris . En 1210, l’église de
Launoi, célèbre critique, et faiblement défendues par un religieux appelé Jean-Robert Quatre-Maire.
(1) Les voyageurs récitaient, le jour, l’oraison de saint Julien , pour avoir, le soir, un bon gîte ;Bocaee et après lui La Fontaine ont publié un conte fondé sur cet usage. Celte église, et l’hospicequi en dépendait, étaient situés hors de Paris et vers l’entrée de la Cité. Lorsque dans la suite onétablit une seconde enceinte, un autre hospice fut fondé plus loin, à l’entrée de la nouvelle en-ceinte. L’église et l’hospice Saint-Benoît remplacèrent Saint-Julien.