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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

Germain. Ce môme jour, cet évêque célébra la dédicace de cette église; et, àcause de la tunique de saint Vincent et de la croix, dont Childebert lavait gra-tifiée, elle reçut la dénomination de Saint-Vincent et Sainte-Croix. Ce mêmejour encore, à ce quon croit, Childebert mourut, et fut enterré dans la basi-lique quil avait fondée et quil venait denrichir.

La veuve de Clotaire et ses filles furent dans la suite enterrées dans cettebasilique, ainsi que lévêque Germain. Ces tombeaux et plusieurs autres de lamême famille, pillés et ruinés par les Normands, lors de leurs diverses incur-sions à Paris , furent rétablis, les uns dans le douzième siècle, les autresen 1656.

saint-julien-le-pauvre , ancienne église située dans la rue de ce nom. Onignore absolument son origine; elle existait au septième siècle, et, malgré la ré-volution, elle existe encore. Grégoire de Tours est le premier qui en fassemention; il la qualifie de Basilique , et nous apprend quil logeait dans les bâti-ments qui en dépendaient lorsquil venait à Paris : ce qui porte à croire que lesmaisons dépendantes de cette basilique servaient dhospice ou de logis aux étran-gers , aux pèlerins, aux voyageurs pauvres. On sait que les voyageurs, pour ob-tenir un bon gîte, invoquaient ordinairement saint-Julien (1).

Le bâtiment de cette église, qui sert de chapelle à lHôtel-Dieu , est en grandepartie du onzième siècle, et peut être regardé comme un des monuments lesplus curieux de Paris . Près du chevet se trouvait un puits dont leau avait laréputation dopérer des guérisons miraculeuses.

saint-severin , église paroissiale et seconde succursale de saint-sulpice,située dans la rue Saint-Severin.

Lorigine de cette église est inconnue ; on ne sait pas même si le saint dont elleporte le nom était saint Severin dAgaune, saint Severin, apôtre de la Bavière ,saint Severin, évêque de Cologne , ou saint Severin, évêque de Bordeaux , lequelest vulgairement nommé saint Surin. On a enfin cru que cette église contenait letombeau de saint Severin, solitaire dun faubourg de Paris . Lemplacement decette basilique, compris dans lenclos du palais des Thermes, pourrait avoir, sousdes empereurs chrétiens, servi de chapelle à ce palais ; sa fondation remonteraitalors au quatrième siècle; elle paraît être la même qui se trouve souvent men-tionnée dans le Testament quen lan 700 fit une femme nommée Erminethrude.Cette femme donne de grands biens à une église de Paris , quelle appelle Basili-que de saint Sinsurien (Basilica sancti Sinsuriani), parce que son fils Deorovaldey était enterré.

On ignore le sort de cette église jusquen 1031 ou 1032, époque Henri 1en fit don, avec plusieurs autres églises, à lévêque de Paris . En 1210, léglise de

Launoi, célèbre critique, et faiblement défendues par un religieux appelé Jean-Robert Quatre-Maire.

(1) Les voyageurs récitaient, le jour, loraison de saint Julien , pour avoir, le soir, un bon gîte ;Bocaee et après lui La Fontaine ont publié un conte fondé sur cet usage. Celte église, et lhospicequi en dépendait, étaient situés hors de Paris et vers lentrée de la Cité. Lorsque dans la suite onétablit une seconde enceinte, un autre hospice fut fondé plus loin, à lentrée de la nouvelle en-ceinte. Léglise et lhospice Saint-Benoît remplacèrent Saint-Julien.