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dari volo. L’abbé Lebeuf pense que ce legs regarde l’église Saint-Ëtienne-des-Grés ; et M. Jaillot est porté à croire que l’église désignée dans ce testament estcelle Saint-Étienne , qui faisait partie de l’église cathédrale. Ces deux opinionspeuvent être soutenues ; mais je donne la préférence à celle de l’abbé Lebeuf,parce que, dans le même testament, l’église Saint-Étienne et la cathédrale sonttoutes deux mentionnées avec des différences notables ; c’est ce qui me déter-mine à placer celle Saint-Étienne-des-Grés au rang des établissements reli-gieux de la première race. De plus, l’annaliste de Saint-Bertin parle d’une égliseSaint-Étienne qui se racheta du pillage des Normands. Cette église ne pouvaitêtre que celle-ci.
On ignore l’origine de ce surnom des Grés, exprimé en latin de charte p arcesmots de gressis , de gressibus , de gradibus; mais il paraît que des degrés, qui dela rue Saint-Jacques conduisaient à cette église, lui ont fait donner ce surnom.Cette église, au onzième siècle, devint collégiale. Au treizième, elle était encoreentourée de vignes, et tout auprès de son bâtiment se trouvait le pressoir dulloi, où l’on portait les vendanges recueillies dans le Clos-le-Roi et le Clos Mu-reaux, situés au faubourg Saint-Jacques. Cette église, peu étendue, n’offraitrien de remarquable ; elle fut démolie au commencement de la révolution. Unemaison particulière a été élevée sur une partie de son emplacement.
saint-benoît , église située rue Saint-Jacques, vis-à-vis la place de Cambrai .J’ai conjecturé que, sous la domination romaine, il existait en ce lieu, encoreentouré de vignes au treizième siècle, un autel consacré à Bacchus : cette con-jecture est appuyée sur l’origine incertaine de cette église, sur les fables qu’ona imaginées pour cacher cette incertitude, et sur le nom de Bacchus, quedonne le plus ancien acte qui fasse mention de cette église. Cet acte, déjà cité,est celui qui contient la donation faite en 1030 ou 1031, par Henri I er , en faveurde l’évêque de Paris , de plusieurs églises abandonnées. L’énumération de ceséglises se termine par ces mots : Necnon et sancti Bacchi.
Dans l’église Saint-Benoît, qui a succédé à celle Saint-Bacchus, on a, jus-qu’à ces derniers temps, rendu un culte à ce dernier saint, nommé en français saint Bacch, sans l’associer à saint Sergius, comme l’ont fait plusieurs hagiogra-phes, parce que la fête de l’un et de l’autre saint tombait le même jour. Lenom de saint Bacchus , son défaut de légende, le lieu de son culte, situé aumilieu d’un vignoble, la coïncidence du jour de sa fête avec le jour où l’on célé-brait celle du dieu du vin dans les environs de Paris , rendent ma conjecturetrès-vraisemblable.
On ne sait pourquoi cette église avait son chevet tourné du côté de l’occident,situation contraire au rit observé généralement par les païens et les chrétiens,qui obligeait le prêtre célébrant de tourner la face du côté du soleil levant.Cette contravention à l’usage général valut à l’église Saint-Benoît les surnoms deMale versus, de Bêtournée ou mal tournée.
Au quatorzième siècle, on fit disparaître cette inconvenance, en transportantdu côté de l’orient l’autel placé à l’occident de l’église. Alors elle reçut le sur-nom de Bien tournée : Ecclesia sancti Benedicti bene versi.
Sous François I er , en 1517, on entreprit de rebâtir cette église; la nef et les