SOUS LA PREMIÈRE RACE. 37
bas-côté furent achevés. Au dix-septième siècle , on reconstruisit le sanctuairesur les dessins de Claude Perrault . Son architecture, composée d’arcades ornéesde pilastres corinthiens, n’était point en harmonie avec les formes gothiques etles voûtes en ogive de la nef. Jean Boucher, docteur de Sorbonne, fut, en 1586,nommé curé de cette paroisse ; prédicateur des plus séditieux delà ligue, souvent, au son du tocsin, il ameutait ses paroissiens contre Henri III . Il fut 1 apo-logiste de l’assassin de ce roi, ce qui fit croire qu’il était son complice. Il écrivitdes libelles contre Henri IV . Ce roi, dès qu’il fut maître de Paris , chassa de cetteville ce curé malfaisant qui se retira à Tournay , où, en 1646, il termina sa vieturbulente. Le chapitre de Saint-Benoît avait, sur l’étendue de sa paroisse, unejuridiction, des officiers et des prisons.
Cette église contenait les cendres ou les monuments sépulcraux de plusieuispersonnes dignes de mémoire : Jean Dorât , poète, surnommé autrefois le Pm-darefrançais; René Chopin, Jean Domat ; deux célèbres jurisconsultes; Claude Perrault , savant architecte; Michel Baron , comédien; l’abbé René Pucelle, cé-lèbre par son attachement au parti anti-jésuitique, mort en 1745.
En 1813, cette église fut fermée : depuis elle a servi de dépôt aux farines, et
enfin elle a été convertie en théâtre ( 1 ).
notre-dame-des-champs , nommée dans la suite église des Carmélites, situéerue d’Enfer, n° 67, entre cette rue et celle du faubourg Saint-Jacques. Elle exis-tait en qualité d’oratoire, au milieu du vaste champ de sépulture. L abbé Lebeufpense que cet oratoire était dédié à saint Michel, parce qu’on y déterra une statuede ce saint qui, en 1605, fut placée sur le pignon de cette église, et qui tenaiten main une balance dont les bassins contenaient des têtes d’enfants, symboledes âmes. On voit que les chrétiens attribuèrent à l’archange saint Michel unedes fonctions que le dieu Mercure remplissait chez les païens : l’un et 1 autre
conduisaient les âmes au séjour des morts.
L église Notre-Dame , mentionnée dans le Testament, de l’an 700, d Ermi-neihrude, n’est point, comme l’a pensé l’abbé Lebeuf, celle de Notre-Dame-des-Champs ; mais c’est plus vraisemblablement, comme l’a écrit Jaillot, la cathé-drale Notre-Dame. Je reviendrai sur cet oratoire, aux époques des changementsqu’il a éprouvés.
saint-marcel, ou Saint-Marceau, église située dans le quartier de ce nom,au bout de la rue des Francs-Bourgeois, place de la Collégiale , n° 3. J’ai parlé desaint Marcellus ou Marcel, évêque de Paris ; il fut enterré, vers l’an 436, dans1 emplacement de cette église, sur un éminence nommée Mons Cetardus. Sontombeau vénéré, illustré par des miracles, donna naissance à cette église et à unbourg qui dans la suite se forma à l’entour, et prit plus tard le nom de Mouffe-tard. Ce bourg fut ensuite nommé C hautbois, eut sa juridiction particulière, etfat même entouré de fossés ; enfin il se trouva, par l’i ffet de l’accroissement deParis , englobé dans un faubourg de cette ville, faubourg appelé Saint-Marcel.Aoilà ce que j’ai pu recueillir sur l’origine de l’église et du bourg.
Quant à l’histoire du saint patron et à celle de la fondation de son église, ses
(1) Cetie salle porte le nom de Théâtre du Panthéon.