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premières époques sont tellement couvertes de ténèbres ou défigurées par desfables dignes des temps appelés héroïques , qu’on a bien de la peine à réunirquelques faibles traits de vérité. La fondation de l’église fut attribuée à ce guer-rier si fameux parmi les romanciers, au paladin Roland, neveu vrai ou supposéde Charlemagne .
L’église Saint-Marcel, ruinée par les Normands ou par le temps, fut recon-struite vers le milieu du onzième siècle. Le caractère des parties les plus an-ciennes de cet édifice, celui des chapiteaux, des colonnes de l’église souterraineou la crypte située sous le chœur, convenait parfaitement à cette époque. Aumilieu du chœur de cette église se voyait le tombeau de Pierre Lombard , fameuxthéologien en son temps, surnommé le Maître des sentences. Il mourut en 1164.
En 1806, cette église fut démolie, et on recueillit un bloc de pierre de Saint-Leu , de quatre pieds de long. Il était, avant la démolition, placé à un des anglesdu clocher. Une de ses faces présente, en demi-relief grossièrement sculpté, untaureau couché. Cette figure a été diversement expliquée sans qu’on sache réel-lement sa destination première. Suivant la tradition populaire, cette pierre futplacée en ce lieu comme un monument de la vertu miraculeuse de saint Marcel.Un bœuf échappé, dit-on, des boucheries, parcourait les rues de Paris , et y répan-dait l’effroi et la mort. Les Parisiens vinrent alors implorer l’assistance de saintMarcel. Aussitôt accourut le saint, lequel, fortifié par ses habits pontificaux dontil s’était muni pour cette expédition, se présenta courageusement devant l’ani-mal furibond, qui, à son approche, devint calme, docile, car il se prosterna auxpieds du saint évêque. Celui-ci, profitant de son humble posture, lui passa sub-tilement son étole autour du cou, le conduisit en triomphe dans les carrefoursde la ville, et de là sans doute à la boucherie.
L’église Saint-Marcel, comme toutes les anciennes collégiales, avait un cloî-tre. Ce fut, suivant l’abbé Lebeuf, dans ce cloître que des chirurgiens et plu-sieurs ecclésiatiques se réunirent pour vérifier un grand nombre de reliques ouossements de saints inconnus envoyés de Rome à Paris . Ces reliques furenttoutes déclarées fausses.
ÉTABLISSEMENTS RELIGIEUX DANS LA CITÉ.
Église cathédrale. On a cru que la basilique Sainte-Croix et Saint-Vin-cent , aujourd’hui Saint-Germain-des-Prés , avait, sous la première race, étécathédrale de Paris , parce que le poète Fortunat la qualifie d’église, titre qu’a-lors on donnait généralement aux basiliques épiscopales. Grégoire de Tours in-dique plusieurs fois une église principale dans la Cité, et leTestament d’Ermine-thrude, d’environ l’an 700, y désigne d’une manière incontestable une égliseprincipale par ces mots : Sacrosancla ecclesia civitatis Parisiorum.
La première cathédrale porta le nom de Saint-Etienne; elle fut établie à peuprès à la place où, sous le règne de Tibère , on avait élevé un autel à Jupiter. Acette basilique, qui devint sans doute insuffisante, on en joignit une secondenommée, dans le testament d’Erminethrude, basilique de dame Marie, basilicadomnœ Mariœ. Cette dernière reçoit pour ce legs un vase en argent en forme de