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fut alors, pour la première fois, dit-on, nommée Saint-Germain-l'Auxerrois .Cependant une bulle du pape Alexandre III , de l’an 1165, lui conserve son vieuxnom de Saint-Germain-le-Rond : monasterium sancti Germani rotundi. Après cequi vient d’être exposé, il est évident que cette église n’a pas été fondée enl’honneur de saint Germain l’Auxerrois, comme on le croit vulgairement, etque son véritable patron est saint Germain de Paris. Cette église, dans laquellefut, en l’an 656, enterré Landericus ou Landri, évêque de Paris , resta long-temps la seule paroisse d’une grande portion de la partie septentrionale deParis .
saint-geuyais, église située entre les rues du Monceau, du Pourtour, desBarres et de Longpont. On ignore son origine, mais il est certain qu’elle exis-tait sous l’épiscopat de saint Germain. Elle fut érigée, on ne sait à quelle époque,en église paroissiale. Au onzième siècle, elle devint la proie des comtes de Meu-lan. 11 est présumable qu’alors elle se trouvait hors de l’enceinte de Paris . Lesproduits de son autel appartenaient à divers particuliers, puisque Guillaume ,archidiacre de Paris , donna au chapitre de Notre-Dame la troisième partie desrevenus de l’autel de Saint-Gervais : tertiam partem altaris Santi Gervasii Pari-siensis. Les revenus des autels étaient considérés comme ceux d’un immeuble ;on les vendait, on les partageait, etc. Je reviendrai sur cette église, qui existeencore.
saint-paul, église située dans la rue de ce nom, était, sous la première race,un petit oratoire que fit bâtir saint Éloi, au milieu du cimetière destiné aux re-ligieuses de l’abbaye Saint-Martial, qu’il avait fondée dans la Cité. Cet oratoiresuivit le sort de l’établissement dont il dépendait; il fut, en 1107, réuni à l’ab-baye Saint-Maur-des-Fossés . Je parlerai en son lieu des changements que letemps lui fit éprouver.
saint-laürent, située rue du Faubourg-Saint-Denis. L’origine et même laposition de cette église sont peu connues. Elle existait au sixième siècle, sic’est d’elle qu’a parlé Grégoire de Tours , lorsqu’il fait le récit d’un débordementde la Seine et de la Marne , arrivé en l’an 583, débordement si considérable, quel’eau couvrait tout l’espace qui s’étend depuis la Cité jusqu’à la basilique Saint-Laurent, et qu’entre ces deux points il arriva, dit-il, plusieurs naufrages.
On convient assez généralement que l'église Saint-Laurent était située dans lefaubourg Saint-Denis, et qu’elle occupait, dans les premiers temps, l’emplace-ment actuel de Saint-Lazare ; on convient aussi que le cimetière de cette égliseétait placé de l’autre côté de la route, et que, dans la suite, on éleva sur sonemplacement une autre église Saint-Laurent, qui a subsisté jusqu’à nos jours.Cette opinion est appuyée notamment sur la découverte qui fut faite vers la findu dix-septième siècle, dans l’emplacement actuel de Saint-Laurent, de plusieurstombeaux en pierre et en plâtre, contenant des cadavres vêtus d’habits noirs,semblables à ceux des moines : tombeaux qui furent alors jugés avoir neuf centsans d’antiquité.
II paraît que l’église et le monastère Saint-Laurent furent dévastés par lesNormands. Il n’en est plus fait mention jusqu’au douzième siècle, époque où,dans les lettres de Tfdbaud , évêque de Paris , on voit cette église soumise à celle