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On aurait une fausse idée de ces chapelles, églises ou abbayes, si on lescroyait semblables à celles que l’on voit aujourd’hui : leurs constructions étaientfort exiguës. J’ai vu d’antiques oratoires dont l’intérieur pouvait à peine con-tenir l’autel et le prêtre; et, si l’on excepte les églises et abbayes les plus riche-ment dotées, et qui se trouvaient solidement bâties, le plus grand nombre deces édifices pieux n’étaient construits qu’en bois ; c’est pourquoi ils devenaientfacilement la proie des flammes.
Paris , sous la première race, n’éprouva d’autres changements que ceux quirésultèrent des établissements que je viens de décrire. La Cité, comprise dansl’île qui porte encore ce nom, devait, comme les autres villes de la Gaule , êtreprotégée par un mur d’enceinte. Il est vraisemblable que vers la fin de la domi-nation romaine ce mur existait.
enceinte de la cité. On a découvert, en 1829, un grand fragment de lamuraille de la Cité; elle paraissait avoir été construite vers la fin du quatrièmeou au commencement du cinquième siècle. Son existence, aux âges suivants,est attestée par plusieurs témoignages authentiques. Dans le diplôme de la fon-dation de 1 église Saint-Vincent et Sainte-Croix, aujourd’hui Saint-Germain-des-Prés, diplôme de l’an 558, Childebert déclare qu’il a entrepris de bâtir untemple dans Paris , et non loin des murs de la Cité.
Grégoire de Tours dit que Frédégonde , après l’assassinat du roi son époux,soupçonnée d’en être l’auteur, se réfugia dans la Cité de Paris et dans l’asile del’église de cette cité, y transféra ses trésors qu’elle avait cachés dans l'enceintedes murs. Ainsi voilà une enceinte , des murs, qui sont dans la Cité et l’en-vironnent.
L’ile de la Cité, moins étendue qu’elle n’est aujourd’hui, était divisée en deuxparties par la route qui la traversait, et qui du Petit-Pont allait aboutir auGrand-Pont, depuis appelé Pont-au-Change. A l’est de cette route était l’églisecathédrale, la maison de l’église, le baptistère, Xécole, Yhospice des pauvres ma-triculaires, hospice qui fut l’origine de Y Hôtel-Dieu, enfin l’ensemble des con-structions contenues ordinairement dans l’enceinte épiscopale. I)u même côtéde la Cité, et sur le bord septentrional de l’île, près de l’emplacement de Saint-Denis de la Chartre, sur une partie de l’emplacement actuel du Quai-aux-Fleurs,était une prison que l’auteur des Gestes du roi Dagobert nomme carcer Glaucini,prison de Glaucin.
De l’autre côté de la route, et vers l’extrémité occidentale de l’île de la Cité,sur l’emplacement actuel du Palais, s’élevait une fortification qui, dans unecharte que j’ai citée, est qualifiée de tour. Ce mot, dans les temps barbares,comme je l’ai dit, signifiait un château, une citadelle. Sous la domination ro-maine, cet édifice a dû servir à l’ordre municipal, et, sous celle des Francs, à lademeure des rois et des comtes. Dans toutes les anciennes cités de la Gaule setrouvait, à cette époque, le même ordre de choses. Une partie était destinée au