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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE HE PARIS

son pied sengage entre deux pièces de bois entrouvertes ; il se casse une jambeet tombe enfin entre les mains de ceux qui le poursuivent. Leudaste mourutbientôt dans les supplices que la reine lui fit subir.

Il nest pas possible de placer ces scènes ailleurs que dans lile de la Cité, dansléglise cathédrale, sur la place se trouvaient les maisons des négociants, etsur le pont par lequel on pouvait sévader de cette île. Ainsi tous les doutes dis-paraissent : il est certain quil existait dans la Cité une place du Commerce, etque cette place nétait point au dehors, sur lemplacement des rues de la Hu-chette et de la Bûcherie, comme lont avancé plusieurs écrivains qui mont pré-cédé, mais bien entre léglise cathédrale et le^ Palais. Les négociants avaientbesoin dabriter les marchandises dans un lieu sûr et fortifié comme létait lîlede la Cité.

Pendant la période qui nous occupe, Paris eut beaucoup à souffrir des inon-dations, des incendies et des malheurs de la guerre. A propos des désastres quidétruisirent une partie de la Cité , Grégoire de Tours a écrit le passage suivant :« On disait que la ville de Paris avait été anciennement consacrée, de telle sorte» que les incendies ne pouvaient y étendre leurs ravages, ni les loirs et les ser-» pents y paraître. Dernièrement, en réparant les fondations du pont, et en» enlevant la boue dont elles étaient remplies, on découvrit un loir et un ser-» pent de bronze; dès que ces figures furent enlevées, les loirs et les serpents» se montrèrent en grand nombre dans la ville, et lon commença à y voir re-» paraître des incendies. » On voit que tout ce qui portait le caractère du mer-veilleux et du surnaturel était avidement accueilli par cet historien.

ÉTAT CIVIL DE PARIS .

Les coutumes barbares des Francs triomphèrent bientôt des institutions ro-maines. Deux peuples habitaient la Gaule , les vainqueurs et les vaincus ; lespremiers conservèrent leurs usages; on laissa aux seconds les lois romaines pourleur servir de règle dans les discussions relatives à leurs transactions particu-lières : concession de tolérance relative ou plutôt d'ignorance, faibles limitesque le pouvoir absolu renversait selon son caprice. Ces lois se soutenaientsans garantie, existaient parce quelles avaient existé, parce que les Francs étaient incapables de les remplacer. Quant à létat civil des vaincus, il reposaitsur des bases très-mobiles; tous les droits de la société, les droits même lesplus sacrés de la nature, étaient méconnus, transgressés par les vainqueurs,qui navaient quelque respect que pour leurs coutumes, encore sen écartaient-ils souvent.

Les ordres municipaux des villes, seules institutions un peu populaires, avilis,outragés, cessèrent dexister : aux décurions ou sénateurs qui les composaient,succédèrent des scabins ou rachimbourgs, assesseurs qui, de concert avec lecomte, jugeaient les procès. Paris eut son comte et ses scabins, dont le nom aété changé en celui déchevins.

Nous aurions une idée peu avantageuse de la manière dont se rendait lajustice, si nous en jugions daprès ce que dit Grégoire de Tours du comte Leu-