SOUS LA PREMIÈRE RACE.
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ne sont point tous "dénommés. Dans celle de Chilpéric II , de l’an 736, on netrouve que les suivants : portaticus , pontalicus, rotalicus; il ajoute, en latin bar-bare : « Et les autres redevances que les juges publics sont en usage de perce-» voir. »
Ce commerce, entravé par le brigandage des Francs, par les exactions dufisc, consistait en objets de luxe, tels que bijoux, ornements, armes, baudrierset ceintures, garnis d’or, de pierreries; en objets utiles, tels que vins, huile,miel, garance, etc. Les étoffes propres aux vêtements et aux meubles étaientmanufacturées dans le pays. Chaque roi, chaque homme puissant avait sa ma-nutacture, son gynœceum , où des femmes esclaves filaient et tissaient le lin etla laine. Ces gynécées , que les Francs trouvèrent établis dans les Gaules , devin-rent , en quelque sorte, des sérails pour les rois, les princes, les ducs, etc.C’était de ces ateliers qu’ils tiraient leurs concubines, et quelquefois leursépouses. Hors les fabriques domestiques des gynécées , on ne découvre aucuneautre manufacture remarquable. La plupart des objets de luxe et même de né-cessité venaient de l’étranger. C'est ainsi, par exemple, que le papyrus ou papier,qu on employait ordinairement pour écrire, était transporte d Égypte dans laGaule par des vaisseaux marchands.
La moralité des gouvernants sert trop souvent de modèle à celle des gouver-nés; en peignant les mœurs des premiers, on pourra en tirer des inductions suiles mœurs des seconds. L’histoire, presque toujours muette sur le caractère despeuples, l’est beaucoup moins sur celui de leurs chefs. Mais les notions qu’ellelaisse à désirer sur les uns se trouvent remplacées par celles qu elle fournit surles autres. Toutefois, dans cette période, je ne trouve aucune particularité surles habitants de Paris , et je ne puis leur appliquer que ce que les écrivains del’antiquité ont écrit des mœurs des Francs. L’amour du pillage , la férocité et lamauvaise foi formaient les principaux traits de leur caractère. Les Francs , ditVopiscus, méprisent leurs serments, et rient en les violant. Salvien les traite deNation sans foi, gens Francorum infldelis; il les loue d être hospitaliers, et lesblûme d’être menteurs. « Les Francs , dit Libanius , ne peuvent supporter la ser-» vitude; ils se croient réduits à ce fâcheux état dès qu’ils ne trouvent personne“ à piller. » Un proverbe grec, donné par Éginhard , porte : Vous pouvez avoir untronc pour ami; mais ne L'ayez jamais pour voisin. Isidore cite 1 opinion de quelfiues écrivains qui pensent que les Francs doivent leur nom à la férocité de leurcaractère. « Il est certain , ajoute-t-il, que leurs mœurs sont corrompues, et que» leur naturel est très-féroce. » Sidoine Apollinaire décrit la stature élevée de leuicorps, leur force, leur agilité, leur ardeur dans les combats. Agathias parle avecquelque éloge de la civilisation des Francs, dominateurs de la Gaule, et se-tonne même de voir régner entre eux la paix et la justice. Mais l’histoire desPremiers siècles de notre monarchie est loin de venir confirmer le témoignagefie ce dernier écrivain.
Je u’entreprendrai pas le récit de tous les événements qui ont signalé le règne