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HISTOIRE RE PARIS
commerce de paris. Favorisé par une navigation facile, le commerce decette ville, établi sous la domination romaine, se maintint sous celle des Francs .Comme tous les barbares, ceux-ci, passionnés pour le luxe, pour la richessedes vêtements, pour les bijoux et les armes de prix, ne contrarièrent point lavente de telles marchandises. Des Juifs, des Syriens , des hommes du midi de laGaule et d’autres pays figuraient parmi les principaux négociants. Quelques-unsfirent de grandes fortunes. Un de ces marchands juifs, appelé Salomon, devintreceveur général des revenus du fisc du roi Dagobert . Un Syrien, nomméEusèbe , acquit assez de richesses pour acheter l’épiscopat ; et, après la mort deRagnemode , en l’an 591, il fut nommé évêque de Paris .
L’espoir du gain fait braver bien des périls. La plus ordinairement, les mar-chandises étaient transportées par eau; sur mer, elles avaient à redouter lesattaques des pirates ; sur la Seine , celles des riverains puissants ; mais les trans-ports par terre étaient exposés à des dangers plus grands encore. Des troupesde brigands, commandées par des chefs francs des familles les plus dintinguées,infestaient les routes, et ne respectaient guère les marchands. Ces dangersn’étaient pas les seules entraves qu’éprouvait le commerce : sur les routes, ilétait gêné par des exactions, des péages et des avanies de toute sorte. Voici ledénombrement des contributions que le fisc percevait à Paris sur les marchan-dises avant d’être débarquées et logées. Elles sont au nombre de quinze, et setrouvent dénommées dans un diplôme donné en 629, par le roi Dagobert , enfaveur de l’abbaye Saint-Denis.
Navigios, le droit que paient ceux qui naviguent sur la Seine ; — Portalicos ,droit perçu sur le port au débarquement des marchandises ; — Ponlaticos, péageen passant sur ou sous les ponts ; — Rivaticos, droit payé pour être autorisé àlaisser les barques sur le rivage; — Rotaticos, pour les dommages que les voi-tures peuvent faire en détériorant la voie publique; — Vultaticos, droit inconnu :peut-être était-il le prix d’une autorisation pour loger les marchandises dansles celliers ou dans les caves voûtées ; — Temonaticos , droit de timon : peut-êtrece droit avait-il pour motif la permission accordée au marchand de conduirelui-même sa voiture, ou de vendre sa marchandise sur cette même voiture ; —Chespetaticos, impôt pour la réparation des terres qui bordaient les chemins,ou pour dédommager les propriétaires des terres voisines, des dégâts que pou-vaient faire les voitures ; — Pulveraticos, droit inconnu : peut-être avait-il pourprétexte la poussière occasionnée par le transport des marchandises; — l'ora~ticos , contribution à laquelle on assujettissait les vins forains ; — Meslaticos,peut-être Mistaticos, droit qui autorisait le mélange des vins; ou Mutaticos, droitde mouvement; — Laudaticos, droit inconnu: peut-être avait-il pour motif lapermission d’annoncer publiquement les marchandises, et d’en faire l’éloge ; —Saumaticos, droit perçu sur les marchandises portées sur le dos des bêtes desomme ; — Salutaticos, c’était un présent fait au roi ou au comte en lui faisantle salut ; — Passionalicos, droit de passage, qui devait être perçu sur les mar-chandises qui passaient par la Cité pour se rendre au champ de la foire ou ailleurs.
Ce diplôme en faveur de l’église Saint-Denis fut confirmé plusieurs fois parles successeurs de Dagobert ; mais, dans leur charte de confirmation, ces droits