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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

curait la fortune et le succès. Ils étaient persuadés que les saints cédaientaveuglément aux prières injustes des hommes, et môme quils favorisaient leurscrimes. Pour connaître leurs futures destinées, les ducs et autres nobles consul-taient les pyt/ionisses, les sorciers. Les plus religieux dentre eux faisaientservir les livres saints à ces divinations magiques. Grégoire nous apprend avecsatisfaction que Mérovée , fils de Chilpéric , najoutait aucune foi aux oracles despythonisses , mais qu'il croyait beaucoup à ceux que présentait louverture for-tuite des livres saints. « Il plaça trois volumes, le Psautier, le Livre des Rois et» celui des Évangiles, sur le tombeau de saint Martin ; passa trois jours et trois» nuits en jeûnes, en veilles et en oraisons. » Mais louverture de ces livres nelui offrit rien de satisfaisant. Ce prince voulait obliger Dieu à sexpliquer sur lesort qui lui était réservé ; il voulait savoir sil monterait sur le trône ou sil enserait déchu. Cette pratique magique, quapprouve Grégoire de Tours , fut, dansla suite, condamnée par divers conciles.

Le respect pour les personnes et les propriétés, la bonne foi, la sincérité etl'accomplissement des promesses, la religion du serment, enfin tous les devoirsmoraux et civils, étaient méconnus et méprisés: on portait même ce méprisjusquà faire publiquement léloge des crimes.

Cet état de dégradation pénétra partout, et saccrut aux dépens dun reste decivilisation qui sévanouissait. Limmoralité publique se fortifiait; les tromperiesdes écrivains ecclésiastiques dans la composition des légendes devenaient chaquejour plus nombreuses et plus graves. Cest ce quont remarqué les Bénédictins ,auteurs de VHistoire littéraire de France : le mal augmentait à mesure quilséloignait de sa source.

Les lettres restaient sans culture; les écoles publiques, à lexception de quel-ques écoles épiscopales, étaient désertées. La Gaule, aux quatrième et cinquièmesiècles, se glorifiait encore des Eutrope , Ausone , Ballade, Ambroise, Sulpice- Sévère , Paulin, Victor, Marcellus, Salvien , Sidoine Apollinaire , etc. Les Francs paraissent, établissent leur affreuse domination, et toutes les lumières sétei-gnent. A peine en reste-t-il quelques faibles lueurs pour éclairer létendue et lesprogrès de ce désastre.

Lévêque Avitus déclare, au sixième siècle, quil renonce à la poésie. « Bientôt,» dit-il, il ne se trouvera plus personne capable dentendre ce genre de composi-» tion. » Lévêque Grégoire de Tours , qui écrivait, environ soixante ans aprèsAvitus , prouve, par le grand nombre de ses fautes grammaticales, par son extrêmecrédulité, par la fausseté de son jugement, ainsi que par son propre témoignage,la dégradation progressive de la raison humaine et de la littérature. « Dans les» villes de la Gaule , dit-il, on ne cultive plus les lettres ni les arts libéraux; toutes» les sciences, tous les genres d'instruction déclinent et dépérissent... Le mal-» heureux temps que celui nous vivons! Lamour pour l'étude séteint de plus» en plus; bientôt il nexistera plus dhommes qui puissent transmettre à la» postérité les événements les plus mémorables. »

» Le monde vieillit, dit Frédegaire dans le prologue de sa Chronique; il nexiste» plus décrivain capable dapprocher du talent des anciens orateurs. »

Les auteurs de \'Histoire littéraire de Fiance , savants explorateurs de tous les