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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS LA SECONDE RACE. 57

écrits et monuments historiques de cette déplorable époque, parlent ainsi desténèbres épaisses qui envahirent la Gaule lorsque les Francs dominèrent sur seshabitants : « On ne voyait, disent-ils, aucun vestige des sciences et des beaux» arts. Les ecclésiastiques et les moines y étaient les seuls qui à peine savaient» lire et écrire, ignorants dans tout le reste. » Le mal fit encore de nouveauxprogrès ; il faut voir le tableau quen ont tracé ces écrivains dans leur état deslettres aux sixième et septième siècles. « La négligence et le mépris pour la» littérature furent encore portés plus loin, disent-ils en parlant de ce derniei» siècle : on les poussa jusquà ne presque rien écrire pour la postérité, de ce» qui se passait de plus mémorable dans lÉglise et dans lÉtat. » Cependant jedois rapporter les moindres traits qui peuvent caractériser ces règnes, et dimi-nuer le dégoût quils inspirent. Clovis voulut avoir près de lui un musicien, eten fit demander un à Théodoric, roi dItalie . Ce dernier, dans la lettre quiladresse au roi des Francs, lui dit : « Nous vous envoyons le joueur de harpe que» vous nous avez demandé ; habile dans son art, par sa voix et les sons de 1 instru-» ment dont il laccompagne, il pourra charmer votre glorieuse puissance. Nous» espérons quil vous sera agréable, parce que vous avez fortement désiré qu il» vous fût envoyé. » Ce désir de Clovis prouve quà sa cour il nexistait point demusicien, puisquil en demandait un au roi dItalie ; on ne voit pas que la musiqueait fait des progrès dans la Gaule sous ses successeurs. On ne connaissait guèreà cette époque que les chants déglise; on ne savait que psalmodier.

Les témoignages de la dégradation universelle sont bien plus nombreux ; maisc en est assez pour prouver que la barbarie des Francs amena dans la Gaule lemépris des lettres, lignorance et la féodalité; en fit disparaître lordre, la justiceet la raison; dénatura la religion, déprava les mœurs, engourdit les facultésintellectuelles, dessécha les âmes, étouffa tout sentiment généreux, fit régnerles passions abjectes, telles que la cupidité, la perfidie; des passions odieuses,telles que la vengeance et la férocité; enfin , cen est assez pour prouver que labarbarie des Francs parvint à rabaisser lhomme souvent au niveau et quelque-fois au-dessous de la condition des bêtes.

Sous la seconde race, on sentit le mal; on sefforça de le réparer. On verra,dans la période suivante, quels furent les effets et la durée de ces tentativeslouables.

PARIS SOUS LA SECONDE RACE.

COE? dœil SCR CETTE DYNASTIE ; INCURSION DES NORMANDS.

Les majordomes [majores domûs ), ou maires du palais , et les ducs, s éta »depuis la mort de Dagobert I er , emparés du pouvoir souverain, et avaien aïsaux descendants de Clovis un vain titre de roi. Us parvinrent à le priverCe titre, et à se lattribuer. Pépin de Héristel, duc d Austiasie, avait usui\e,

dans cette contrée orientale de la Gaule , lautorité suprême. Son fils, Ciai.es

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