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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

prouva aucune insulte de la part des Normands; mais, en 885, on appritque ces brigands étrangers remontaient la Seine . Alors Goslin, abbé de Saint-Vincent ou de Saint-Germain , et depuis peu évêque de Paris , guerrier prévoyant,se hâta dajouter de nouvelles fortifications aux fortifications déjà ordonnéespar Charles-le-Chauve , ou peut-être ne fit-il que continuer celles que cet empe-reur avait prescrites.

Dès que lon fut informé de lexistence de ces fortifications et des dispositionsfaites par lévêque Goslin pour résister aux Normands, la confiance sétablit,et la cité de Paris , munie de murailles, de tours et de guerriers, fut considéréecomme une place inexpugnable. Alors les églises, les monastères des environsde Paris , et même de quelques contrées éloignées, sempressèrent dy apporterce quils possédaient de plus précieux, leurs corps saints et leurs reliques;Paris en fut surchargé. Mais si cette ville devint pour ces reliques un asileassuré contre les dévastations des Normands, elle ne le fut pas contre la mau-vaise foi du comte et de lévêque. Cest ce quon verra dans la suite.

Les Normands, montés sur leurs barques, dont le grand nombre couvrait lasurface de la Seine dans lespace de deux lieues, arrivent sous les murs deParis . Ils demandent la faculté de remonter la rivière, et promettent de necauser aucun dommage à cette ville si on leur laisse le passage libre. Cétaitdemander la rupture du Grand-Pont. Lévêque Goslin et Odo ou Eudes , comtede Paris , leur déclarent quils ne peuvent le permettre. Alors les Normandsse décident à faire le siège de Paris . On demandera pourquoi ces étrangers,ayant déjà, en 861, franchi cette barrière en rompant le Grand-Pont, nem-ployaient pas en 885 le même moyen. Voici la réponse. En 861, Paris étaitsans défense; et en 885, il se trouvait muni de fortifications et de gens deguerre. Chaque pont présentait à ses extrémités deux tours, comme on le verradans la suite; ces tours protégeaient ces ponts, et en rendaient lapproche diffi-cile et dangereuse aux Normands. Ils renoncèrent à lattaque du pont. Le 25novembre 885, au nombre denviron trente mille combattants commandéspar Sigefride, ils donnent un premier assaut, et attaquent particulièrementune tour ou citadelle construite en bois, et montée sur un massif de ma-çonnerie. Cette construction nétait pas encore achevée ; elle le fut pendant lanuit suivante. Il est vraisemblable que cette citadelle ou tour dépendait dupalais du comte, aujourdhui palais de Justice, et quelle sélevait à la partieoccidentale de lile de la Cité. Les Normands donnèrent à cette place huit as-sauts successifs, lassiégèrent pendant plus de treize mois, et pour se dédom-mager de linutilité de leurs efforts et. du temps quils perdaient à ce siège, ilsravagèrent et pillèrent tous les environs de Paris. Lempereur Charles-le-Gros ,un des successeurs de Charles-le-Chauve , pressé de porter des secours auxParisiens , arriva à la tête dune armée, quil fit camper au bas de Montmartre;mais, nosant risquer une bataille, il conclut, le 30 novembre 886, une paixhonteuse avec les Normands, et consentit à leur donner quatorze cents marcsdargent, payables en mars 887, à condition quils lèveraient le siège. Les Nor-mands, moyennant cet engagement, renoncèrent au siège de Paris , mais nerenoncèrent pas au projet de piller les contrées supérieures arrosées par la