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un bras de ce bienheureux prélat. On pense que la chapelle Saint-Leufroi ,bâtie vers le milieu de la place du Grand-Châtelet, possédait le tout ou unepartie de la relique du saint dont elle portait le nom, et qui appartenait aumonastère de Sainte-Croix-de-l.eufroi, dans le diocèse d’Évreux . L’église Saint-Magloire , rue Saint-Denis, d’abord simple oratoire dédié à saint Georges etplacé dans un cimetière, était la propriété des religieux de Saint-Barthélemide la Cité. Ces religieux, se trouvant trop à l’étroit dans leur église, transpor-tèrent leur précieuse relique dans l’oratoire Saint-Georges, et y construisi-rent un monastère qui devint si considérable par la suite, qu’il reçut le titred’abbaye. Au seizième siècle, il fut démoli en partie, et sur son emplacements’élevèrent d’abord l’hôtel de Soissons, puis la Halle aux Farines. — Saint-Bar-thélemi, dont nous venons de parler, ancienne chapelle du palais, plus tardéglise royale et paroissiale , était situé rue de la Barillerie, en face du Palaisde Justice. Sur l’emplacement qu’elle occupait, on établit le théâtre de la Cité,auquel succéda la salle des Veillées, entin des loges de Francs-Maçons et lePrado. — Lachapelle Notre-Dame-des-Bois, dotée par Louis-le-Bègue et enri-chie des reliques de sainte Opportune, fut reconstruite sur un plan plus vaste,et reçut le titre de collégiale. Celte basilique, qui s’élevait sur la place qui porteson nom, a été démolie en 1797. On ne sait rien de l'origine de la premièreéglise Saint-Landri dans la Cité. On pense qu’elle prit ce vocable après les in-vasions des Normands, et le dut à la possession de quelque partie du corps desaint Landri, qui appartenait aux prêtres de Saint-Germain-l’Auxerrois. Cet édi-fice a été rasé complètement. En 1828 et 1829, on a découvert dans ses fon-dations plusieurs antiquités dont j’ai parlé. C’est encore dans cette mômepériode que fut fondée l’église Sainl-Jean-des-Arcis , rue de la Vieille-Draperie,par Théodore, vicomte de Paris . Elle fut érigée en paroisse en 1130, et démolieen 1800. Une rue aboutissant à celle de la Pelleterie a été percée sur son em-placement.
écoles de pauis. Charlemagne , après avoir parcouru les contrées de l’Italie ,s’aperçut que ses Francs étaient fort inférieurs aux nations chez lesquelles seconservaient encore quelques restes de l’antique civilisation; il prit la résolu-tion de faire renaître dans la Gaule le culte des lettres et d’y établir des écoles.Pour le seconder dans ce projet, le clergé gaulois , dont l’ignorance, à peu d’ex-ceptions près, était extrême, ne lui offrait que de faibles ressources. 11 appeladonc des savants étrangers, des chantres, des grammairiens, des arithméticiens.Il adressa à tous les évêques et abbés une lettre circulaire pour leur prescrired’établir, dans leurs églises ou dans leurs monastères, des écoles particulièresou publiques : il se faisait obéir. On enseignait, dans ces écoles , à lire, à écrire,l’arithmétique, l’astrologie, qui ordinairement se bornait au calcul appelé comput,ou à la méthode de déterminer les fêtes mobiles ; enfin on y enseignait l’art dechanter au lutrin, art qui donnait une grande considération à celui qui le possé-dait parfaitement. Telle est l’espèce d’enseignement dont Charlemagne gratifiaquelques parties de la Gaule . Cet enseignement, qui n’agrandit pas le foyer deslumières, du moins les empêcha de s’éteindre.
L’histoire nous apprend que Charlemagne fonda une école dans son palais ,