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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS .

« tes, et protégés par des tours élevées, tant du côté de la Cité quau delà des« deux bras de la rivière. » Aucune enceinte ne protégeait les faubourgs du midiet du nord; rien, dans le poème dAbbon , nen fait soupçonner lexistence. Audelà des têtes de ponts, situées à lentrée de la Cité, il nexistait aucune fortifica-tion. Lhistoire des églises et monastères situés dans ces faubourgs nous prouve,au contraire, que nul obstacle narrêta les Normands qui les pillèrent.

La Cité était partagée en deux parties par un chemin qui, partant du Petit-Pont, sétendait en tournant par la rue de la Calandre jusquau Grand-Pont,aujourdhui Pont-au-Change. Dans la partie occidentale dominait le comte, dontle palais était situé sur lemplacement du Palais de Justice actuel ; dans la partieorientale dominait lévêque, résidant dans la maison de l'église : cest ainsi quonnommait alors lhabitation de lévêque et de son clergé ; elle ne portait pas en-core lappellation fastueuse de palais épiscopal. Un semblable partage existaitalors dans toutes les cités de la Gaule résidaient un comte et un évêque. Au delà de lîle de la Cité sétendaient, au nord et au sud, deux faubourgssouvent ravagés par les armées ; et, au delà de ces faubourgs, on voyait desgroupes de chaumières, dominés par les édifices de quelques églises ou monas-tères ; tels étaient les faubourgs Saint-Marcel, Sainte-Geneviève, Saint-Germain-des-Prés, Saint-Germain-lAuxerrois, Saint-Martin-des-Champs , etc. On a vuquune tour ou citadelle de la Cité, que les ponts et les tours qui les proté-geaient étaient en bois. Il paraît que (si lon excepte la cathédrale, le palais, leséglises et les chapelles) les maisons des particuliers noffraient pas dans leurconstruction une matière plus précieuse.

Paris souffrit beaucoup des grands changements indispensables qui, sous laseconde race, sopérèrent dans le régime politique de la Gaule . La gloire deCharlemagne , lincapacité de ses descendants et les ravages des Normands, con-tribuèrent à la ruine de cette ville. Elle cessa dêtre la résidence des rois, lacapitale dun royaume, le centre des affaires administratives, et fut considéréecomme la plus petite des cités de la Gaule . Magnitudine cœteris urbibus injerio-rem, dit un écrivain de ce temps.

11 paraît que pendant cette période orageuse le palais des Thermes et laque-duc qui y conduisait les eaux de Rungis , ouvrage des Romains, furent en partiedévastés.

ÉTAT CIVIL DE PARIS .

La France , circonscrite dans des bornes étroites pendant une grande partiede la durée de la seconde race, ne figurait dans lempire que comme une pro-vince, et fut simplement qualifiée de duché. Paris , cessant dêtre la résidencedun roi, la capitale dun royaume, devint la résidence dun comte, et le chef-lieu dun comté et du duché de France. Gérard était comte de Paris dans lesannées 759 et 760. Il eut, sous le règne de Pépin, un procès contre labbé deSaint-Denis , au sujet des contributions quil percevait sur le marché de cetteabbaye. Étienne remplissait, sous le règne de Charlemagne , la fonction decomte. Ce prince, en lan 802, le nomma, avec Fardulfus, abbé de Saint-Denis ,