SOUS LA SECONDE RACE.
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sujets et améliorer leurs mœurs, s’appliqua néanmoins, vers la fin de son règne,lorsqu’il eut acquis de l’expérience, à combattre les erreurs, les abus et les vicesdont la barbarie et le régime politique des Francs étaient les sources. Il fit plus :il créa des institutions enseignantes, multiplia les écoles, toujours profitables à lavérité et aux bonnes mœurs, et fit de nombreux efforts pour dissiper les ténèbresde 1’ ignorance. C’est par ce bienfait, qui ne fut pas continué par ses successeurs,plus que par ses conquêtes, utiles à lui seul, fatales à tant de nations, qu’il méritala reconnaissance de la postérité, et le titre de Grand.
Après la mort de cet empereur, la civilisation ne sembla sortir de l’abîme quepour s’y plonger plus profondément. Le dixième siècle, qui termine à peu prèscette période, fut, par l’absence de lois, de vertus et de raison, par la présencedes erreurs et de toutes les calamités sociales, le plus affreux des siècles.
8 Chacun, dit un savant moderne, faisait ce qui lui plaisait, méprisant les lois
8 divines et humaines. Les puissants opprimaient les faibles, exerçaient des
8 violences contre les pauvres et des pillages contre les églises. La porte fut» ouverte à tous les vices, et l’impunité assurée. » — L’ignorance était extrême:les ecclésiastiques mêmes, sachant à peine lire, ne comprenaient pas ce qu’ilsUsaient, et, par insouciance ou incapacité, ne donnaient aucune instruction auPeuple. On voyait des vieillards qui méconnaissaient entièrement les premiersPrincipes de la religion, et ne savaient pas même le Symbole ni l’Oraison domi-nicale. Frotier, évêque de Poitiers, et Fulrade, évêque de Paris , ne trouvantdans leur diocèse aucun prêtre capable d’instruire, furent obligés de chargerAbbon, moine de Saint-Germain-des-Prés , de composer des formules de petitssermons et d’expositions évangéliques, afin que leurs prêtres pussent les récitera u peuple.
Mais l’ignorance est un mal moindre que l’erreur : les superstitions les plusabsurdes furent adoptées, et servirent de règles. L’astrologie, les divinations, lesnugures, la magie, les sortilèges, et surtout les épreuves par le feu et le ferc baud, par l’eau froide ou bouillante, etc., épreuves auxquelles on donnait lenom imposant de jugements de Dieu , furent alors en grand crédit, et autoriséesPar les évêques et même par des conciles. Celui de Narbonne , en 902, et celuide Tours , en 923, montrèrent une entière confiance dans ces pratiques misé-rables et impies. La barbarie des Francs et les vices de leur gouvernementpaient tellement dégradé l’espèce humaine, que, sous le rapport intellectuel,animaux se trouvaient alors, il faut le dire, supérieurs aux hommes. L’in-st| nct des premiers les sert bien ; les erreurs des seconds les égarent et les dé-gradent.
La plus forte preuve des vices du gouvernement résulte des calamités qu’éprou-v erent les gouvernés. — Or, pendant un siècle environ, notre patrie fut affligéePar vingt-trois années de famine excessive, dont huit furent souillées par des actesanl hropophagie. Quelle moralité, quels actes de vertu peut-on attendre d’unePopulation corrompue par l’exemple de la conduite désordonnée des prélats ets comtes, tourmentée par des guerres continuelles, par d’affreuses maladies, etcsespérée par une faim excessive! Telle était l’espèce de prospérité que produi-sait le gouvernement des Carlovingiens.
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