longues famines, par d’horribles maladies, ne songeaient guère à l’étude; mais,vers la fin du onzième siècle, des circonstances fortuites firent jaillir des lueursnouvelles, faibles, incertaines et souvent fausses, il est vrai, mais qui devaientgraduellement s’accroître, s’épurer, former un immense foyer de clarté, et neplus s’éteindre. Les églises cathédrales, les monastères étaient ordinairementpourvus d’écoles destinées à l’enseignement de ceux qui se consacraient à1 état ecclésiastique. Les plus connues à Paris étaient l’école Épiscopale, l’écolede Saint-Germain-des-Prés et celle de Sainte-Geneviève. Il a été parlé de leur0r igine.
Ecole épiscopale. Son existence, douteuse au neuvième siècle, ne l’est plusa la fin du onzième : on connaît les noms de ceux qui y professaient. Au com-mencement du douzième, Adam-le-Petit-Pont y enseignait la grammaire, la rhé-torique et la dialectique; et Pierre-le-Mangeur ou Comestor, Michel de Corbeil ,Piorre-le-Chantre y professaient la théologie. Ces maîtres donnèrent à cette écoleUne célébrité que lui disputaient celles des églises de Reims, d’Orléans , de Char-tes, etc., et que parvint à lui assurer Guillaume de Champeaux qui, à la fin duonzième et au commencement du douzième siècle, y professa avec distinction lathéologie. Cette école se tenait alors dans le cloître Notre-Dame . Les enfants desrois venaient y recevoir les éléments de la grammaire.
Ecoles d’abeilard. Outre les écoles dont je viens de parler, il s’en établit àParis qui furent indépendantes et particulières. Pierre Abeilard, homme supé-rie ur à son siècle par sa conception facile et son talent pour la discussion, aprèsavoir suivi les leçons de Guillaume de Champeaux , aspira, encore adolescent, ù^ honneur de professer. S’il prévoyait alors ses succès, il ne prévoyait certaine-ment pas les dangers, les outrages et les persécutions qui l’attendaient dans cetteArrière nouvelle.
Il établit d’abord une école à Melun . Quelques intrigues de prêtres l’obligèrentde quitter cette ville ; il se rendit à Corbeil et y transféra son camp : c’est ainsifin il nommait lui-méme son école, souvent tenue en plein air. L’excès du travail1 a yant causé une maladie, il se rendit à Paris , où sa santé, devenue meilleure,loi permit de suivre les leçons de rhétorique que donnait Guillaume de Cham-P e aux. il ouvrit ensuite dans cette ville une école où il enseigna la dialectique.
rsec uté à Paris, il retourna à Melun , et y trouva de nouvelles persécutions qui°hligèrent de revenir à Paris . Ce fut alors, vers l’an 1118, qu’il y ouvrit une nou-velle école, où il réunit un très-grand nombre de personnes qui accouraient à ses* e Çons.
Abeilard jouissait du fruit de ses talents. Jamais professeur n’avait, à Paris ,enu une célébrité aussi éclatante, n’avait attiré dans cette ville une aussi^ r ande affluence d’écoliers. Il y était considéré comme le plus grand philosophee son siècle, et comme le seul qui entendit Aristote . Au milieu de tant de gloiree * ; d e Prospérité , un événement fatal, très-commun, vint dégrader son existenceern P°isonner les jouissances que lui procuraient ses succès. Ses amours, l’af-y jj. USe mutilation qui les termina, ont obtenu de la postérité un intérêt bien plusque ses talents, que ses écrits, aujourd’hui oubliés.
Jocelin, qui depuis fut évêque de Soissons , professait en même temps qu’Abei-