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Elle présente au rez-de-chaussée trois portiques de forme et de hauteurinégales:ces portiques, chargés d’une multitude d’ornements, l’étaient ausside statues dont plusieurs ont, pendant la révolution, été dégradées ou détrui-tes. Un de ces portiques, celui qui est placé au-dessous de la tour septen-trionale, est remarquable par un zodiaque qui offre cela de particulier queonze signes seulement, chacun accompagné de l’image des travaux cham-pêtres ou attributs qui y correspondent, sont sculptés tout autour de la vous-sure du portique et que le douzième signe, celui de la Vierge, au lieu d’êtrerangé parmi les autres, suivant l’usage,se trouve en une bien plus grandeproportion, adossé au pilier qui sépare les deux portes de ce portique etreprésenté sous la figure de la vierge Marie , rétablie en 1818. — L’auteur de cezodiaque crut sans doute donner une preuve éclatante de sa perspicacité enmettant la vierge Marie , qui tient l’enfant Jésus dans ses bras, à la place deCérès, dite la Vierge sainte, tenant aussi son enfant dans ses bras, et en offrantdans ce signe zodiacal le symbole d’une fécondité miraculeuse. — Les portiquesqui se voient aux deux extrémités de cette façade sont surmontés par deuxgrosses tours carrées, hautes chacune de deux cent quatre pieds, depuis lesol jusqu’à leur terrasse supérieure. Ces portiques ont des portes remarqua-bles par leurs ornements en fonte de fer. Elles sont l’ouvrage d’un serrurierappelé Biscornet, et présentent des enroulements multipliés et travaillés avecune rare délicatesse. Cet ouvrage parut alors si merveilleux que l’on crut que lediable s’en était mêlé.
Dans la tour du sud est la fameuse cloche dite le Bourdon, qu’on ne sonne quedans les grandes fêtes. Elle pèse près de trente-deux milliers. Fondue en 1682,et refondue en 1684, elle fut alors solennellement baptisée ou plutôt bénite.Louis XIV et la reine son épouse lurent ses parrain et marraine. Elle reçut le nomd’Emmanuel-Louise-Thérèse. Le battant qui, mis en mouvement, frappe lesbords intérieurs de cette cloche et fait retentir des sons graves et lugubres,pèse neuf cent soixante-seize livres.—Au dessus de l’ordonnance inférieure onvoit, sur toute la ligne de la façade, vingt-sept niches où avant la révolutionétaient placées vingt-sept statues, plus grandes que nature, représentant unesuite de rois francs depuis Childebert jusqu’à Philippe-Auguste . Au-dessus dece rang de niches se présente la fenêtre circulaire, appelée rose. Les deux faceslatérales de Notre-Dame otfrent chacune une pareille fenêtre, délicatement tra-vaillée. Ces trois roses ont chacune quarante pieds de diamètre. Cette or-donnance est surmontée par un péristyle composé de trente-quatre colonnes,péristyle qui s’étend sur toute la façade. Ces colonnes, qui se font remarquerpar leur longueur et par l’extrême ténuité de leur diamètre, sont chacuned’une seule pierre, et supportent une galerie à balustrade.
L’intérieur de l’église est vaste et imposant : il présente une nef, un chœuret un double rang de bas-côtés, divisés par cent-vingt gros piliers qui supportentles voûtes en ogives. Tout autour de la nef et du chœur, et au-dessus des bas-cotés, règne une galerie ornée de cent huit petites colonnes, chacune d’uneseule pierre ; c’est là que se placent les spectateurs lors des cérémonies extraor-dinaires. L’église est éclairée par cent treize vitraux, sans y comprendre les