120
trois grandes roses, dont l’une est à la façade principale, et les deux autresaux faces latérales. Quarante-cinq chapelles entouraient et servaient commede rempart â cet édifice. Des réparations, exécutées à différentes époques, ontfait réduire ce nombre de beaucoup.
Le chœur, pavé en marbre, a cent quinze pieds de long sur trente-cinq delarge; il présente de chaque côté, au-dessus de la corniche des stalles, quatregrands tableaux. D’un côté, est Y Assomption de la Vierge, par Laurent de laIlire ; la Présentation de la Vierge au temple, par Philippe de Champagne ; uneFuite en Égypte, par Louis de Boullongne ; et la Présentation de Jésus-Christ autemple , par le môme. De l’autre côté, est Y Adoration des Mages, par Lafosse ;la Naissance de la Vierge, par Philippe de Champagne ; le Magnificat, ou laVisitation de la Vierge, parJouvenet; et Y Annonciation de la Vierge, par Hallé.
Le sanctuaire, pavé en marbre de compartiment, fut, en 1714, entièrementréparé, sur les dessins de II. Mansart et de Cotte, et reçut un caractère mo-derne. On disposa les ogives du rond-point en arcade à plein-cintre. Il enrésulta un contraste choquant entre ces réparations et le style général de l’é-difice. Six anges en bronze, portant chacun des instruments de la Passion, etposés sur des socles de marbre blanc, sont aux côtés de l’autel. Ce sanctuaireest entouré d’une belle grille en fer poli et doré, exécutée en 1809 parMM. Yavin serrurier, et Forestier, fondeur-ciseleur, d’après les dessins deMM. Fontaine et Percier. L’autel principal n’est remarquable que par les bas-reliefs exécutés par M. Deseine.
Derrière cet autel et sous l’arcade du milieu est un groupe en marbre qu’onappelle le Vœu de Louis XIII . Ce roi fit, en 1638, vœu de mettre son royaumesous la protection de la sainte Vierge, et de réparer le principal autel de cetteéglise. Louis XIII oublia ce double vœu ; le cardinal de Richelieu, le protecteurréel ou le tyran du royaume, ne l’en fit pas ressouvenir. Louis XIV se chargead’accomplir ce vœu : il posa solennellement, en 1699, la première pierre de cetautel ; mais le groupe qu’on nomme le Vœu de Louis XIII ne fut exécuté qu’en1723, par Coustou. Ce Vœu, ou le groupe qui le compose, présente une grandecroix en marbre blanc , sur laquelle est jetée une draperie. Au bas, on voit lavierge Marie assise, tenant sur ses genoux le corps mort de Jésus.
Au dehors du chœur, sur les faces de son mur de clôture, on voit des figuressculptées en plein relief et enluminées, représentant divers sujets du NouveauTestament . Avant les réparations, le chœur était entièrement entouré de pa-reilles sculptures, ouvrage de Jean Ravi, maçon de l’église Notre-Dame , etde son neveu maître Jean Bouteiller, qui les termina en 1351.
Dans les chapelles situées derrière le chœur sont divers tombeaux remar-quables. Je ne citerai que celui de Henri-Claude, comte d’Harcourt, mort en1769. Sa veuve fit élever ce monument, en 1776, sur les dessins de Pigalle. IIse compose de quatre figures en marbre, plus grandes que nature. On y voit ledéfunt à demi sorti du tombeau dont un Génie lève le couvercle; il tend desbras affaiblis vers son épouse, laquelle semble se précipiter vers lui. La Mortinflexible, sous la forme d’un squelette, annonce, en montrant son sablier, quele temps est écoulé. Le Génie éteint son flambeau, et la tombe va se refermer