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Cette abbaye donna son nom à la rue qui y conduisait., et au faubourg où elleest située. Les bâtiments de ce monastère et le sanctuaire de son église furent,vers l’an 1770, reconstruits sur les dessins de l’architecte Lenoir, surnomméle Romain. Ils sont vastes et commodes. L’église était richement décorée. Ony voyait plusieurs tombeaux de personnes distinguées par leur rang élevé, deprinces, princesses, et notamment ceux de Jeanne et de Bonne de France , fillesdu roi Charles V .
Cet établissement fut supprimé en 1790, et ses bâtiments reçurent depuisune destination plus utile, lin décret delà Convention nationale , du 17 janvier1795, les convertit en hôpital, assimilé à celui de Y Hôtel-Dieu.
hôpital de la Trinité, situé au coin des rues Saint-Denis et Grenétat. Pen-dant que Foulques de Neuilly et Pierre de P.oussy prêchaient, convertissaient desfemmes publiques, et les réunissaient en communautés religieuses; que Philippe-Auguste recevait, en 1198, des sommes considérables des Juifs pour les rétablir,après les avoir expulsés et s’être emparé de leurs richesses en 1181 ; pendantquece roi, excommunié par le pape pour avoir changé d’épouse, chassait les évê-ques de leurs sièges, les abbés de leurs monastères, les curés de leurs paroisses,confisquait leurs revenus, mettait en fuite l’évêque et les curés de Paris quiavaient adhéré à la sentence du pape; pendant que les écoliers de cette ville sebattaient contre ses habitants, que le prévôt Thomas maltraitait ces écoliers, etque le roi, à son tour, maltraitait le prévôt; pendant que l’évêque de Paris sedisputait scandaleusement avec l’abbé de Sainte-Geneviève, deux particulierspaisibles, obscurs, Jean Palée et Guillaume Estuacol, s’occupaient de fonder unhôpital pour les pauvres malades. Cet établissement fut d’abord nommé Vhôpitalde ta Croix-de-la-Reine, et dans la suite il reçut le nom de la Trinité. Il éprouva,de la part des seigneurs ecclésiastiques, de grandes difficultés : leurs droitset leurs privilèges étaient des obstacles continuels aux institutions les plusutiles.
Il fut établi, pour le service de cet hôpital, une communauté de frères qui,peu riches eux-mêmes, portaient des secours aux pauvres, et donnaientl’hospitalité aux pèlerins. Il leur était défendu, par leurs statuts, démonteracheval; ils ne voyageaient que sur des ânes, c'est pourquoi ils furent nommésFrères âniers ou Frères de la Trinité-aux-cines.
Il fallait des prêtres pour desservir la chapelle : on y plaça des religieuxPrémontrés d’Hermières. Ces religieux ne tardèrent pas à s’emparer des pro-priétés de la maison : dès lors elle cessa d’être utile aux pauvres. L’hospitalitén’y fut plus exercée : ces moines se firent à eux-mêmes le bien qu’ils devaientfaire aux autres. Rutebeuf leur reproche d’être devenus riches, et d’avoir re-noncé aux ânes et pris des chevaux pour montures.
Vers la tin du quatorzième siècle, ces religieux louèrent la plus grande sallede l’hôpital à des comédiens nommés les Confrères de la Passion, dont je par-lerai dans la suite. Ces comédiens y tinrent leur spectacle jusqu’à l’an 1545,époque où le jiarlement destina les bâtiments de cet hôpital à l’éducation desorphelins des deux sexes, au nombre de cent garçons et de trente-six filles.Les artistes qui s’y établissaient pour inslruirc ces orphelins gagnaient leur