Buch 
Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
Entstehung
Seite
139
JPEG-Download
 

139

SOUS PHI 1,1PPE-AUGUSTE.rendues célèbres par une émulation admirable. Le zèle pour létude se refroiditsous le règne de Philippe-Auguste ; plusieurs écrivains de ce temps sen plai-gnent. Les camifwiens (cest ainsi quon nommait alors les partisans de la bar-barie) appelaient les hommes studieux bœufs d'Abraham , ânes de Balaam ; maisces injures étaient-elles suffisantes pour arrêter la noble impulsion donnée àlenseignement? Plusieurs autres causes durent concourir à ce refroidissement,peut-être fut-il leffet naturel de la marche de lesprit humain, qui, après degrands efforts, se ralentit; toujours est-il certain qualors lardeur pour létudeparut séteindre. « Ils sont plus adonnés à la gloutonnerie, disait, en parlant> des écoliers, un écrivain de cette époque, quils ne le sont à létude; ils» préfèrent quêter de largent plutôt que de chercher linstruction dans les>> livres; ils aiment mieux contempler les beautés des jeunes filles que les beau-» tés de Cicéron ....; toute science est avilie, linstruction languit, on nouvre» plus les livres.» Il se trouvait cependant à Paris des écoliers laborieux ; maisil ne paraît pas quils fussent en grand nombre. Philippe Harveng, abbé deBonne-Espérance, dans une de ses lettres, donne des témoignages destime auxétudiants de cette ville, qui, dit-il, aiment mieux être dans les écoles que dansles foires, lire des livres que de vider les verres, et qui préfèrent la science àlargent. La culture des lettres, pour être négligée, ne fut pas abandonnée : lesconnaissances acquises ne sont jamais entièrement perdues pour lhumanité.Paris conserva le feu sacré, et ses écoles prédominèrent celles des autres villesdu royaume. « Des savants les plus illustres y professaient toutes les sciences; on» y accourait de toutes les parties de lEurope ; on y voyait renaître le goût» attique, le talent des Grecs et les études de lInde . » Tels sont les éloges quequelques contemporains donnent aux écoles de Paris . Je dois avertir quelorsque les écrivains de ce temps entreprenaient de louer, ils sen acquittaientavec une prodigalité sans bornes : lexagération était leur figure favorite.

Les écoles de Paris ne reçurent que sous le règne de saint Louis le titre dUni-versilé : jen parlerai à cette époque.

pré-aux-clercs. A louest et au nord de labbaye et du bourg Saint-Germainétaient de vastes prairies qui sétendaient depuis ce bourg jusquà la rivièrede Seine , et depuis la rue des Saints-Pères jusquà lesplanade des Invalides. Lenom de clercs sappliquait alors à tous les ecclésiastiques, même aux étudiantsde lUniversité de Paris. Ces clercs étaient en usage de venir sy promener, et desy permettre beaucoup de désordres.

Déjà, en 1163, une grande discussion sétait élevée entre les moines de Saint-Germain et les écoliers, au sujet du Pré-aux-Clercs ; et cette discussion avait pa-ru assez grave pour être soumise au jugement du concile de Tours , se trou-vaient dix-sept cardinaux et cent vingt-quatre évêques : elle y occasionna delongs débats. Les clercs y furent condamnés à un éternel silence. On ne connaîtpoint dautres détails sur cette affaire.

En 1192, on voit dune manière plus certaine, le Pré-aux-Glercs figurer surla scène historique. Les écoliers de Paris , qui regardaient ce pré comme leurpropriété, y commirent divers excès. Les habitants du bourg Saint-Germainvoulurent les repousser ; un écolier y perdit la vie, dautres furent blessés. Cette