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HISTOIRE DE PARIS
Écoliers, aujourd'hui transformée en marché public. Près de là, et sur la rueSaint-Antoine, était une porte, appelée Porte Baudet ou Baudoyer, qui, auxquatorzième et quinzième siècles, servait de point de réunion aux oisifs de cesquartiers.
De la porte Baudoyer, le mur d’enceinte traversait l’emplacement de l’égliseparoissiale Saint-Louis et Saint-Paul, et du collège Charlemagne. Puis il pas-sait à travers l’enclos du couvent de Y Ave Maria, où existait encore, du tempsde Sauvai, une tour qui servait de chauffoir aux religieuses; traversait l’em-placement de la rue des Barrez, où l’on perça, dans la suite, une petite porteappelée fausse poterne Saint-Paul, et aboutissait à la rive droite de là Seine.Là, entre les rues de l’Étoile et Saint-Paul, vers le milieu du massif de bâtimentsqui sépare le quai des Ormes du quai des Célestins, s’élevait une tournelle oufortification, où fut pratiquée une porte nommée Porte Barbelle ou Barbéelsur l'yeau. Cette fortification terminait à l’est de Paris l’enceinte de la partieseptentrionale de cette ville.
Je passe à l’enceinte de la partie méridionale, dont les travaux commen-cèrent vers l'an 1208. En face de la Tour qui fait le coin dont j’ai parlé, toursituée près le Louvre sur la rive droite de la Seine , et à l’endroit môme dupavillon oriental du collège Mazarin , qui contient la bibliothèque Mazarine ,s’élevait une haute tour correspondant avec la première. Cette tour, appeléed’abord tournelle de Philippe- Amelin, reçut ensuite le nom de Nesle. Du tempsde Philippe-Auguste , elle était une fortification, mais non une porte de ville;il y en eut une, dans la suite, nommée Porte de Nesle . C’était le point où com-mençait, du côté de l’ouest, l’enceinte méridionale. De la tour de Nesle, le murd’enceinte, laissant en dehors l’emplacement de la rue Mazarine et du collège Mazarin , en suivait la direction jusqu’au point où le côté oriental de cette ruecesse d’ètre en alignement, traversait l’emplacement de la rue Dauphine, suivaitla ligne de la rue Contrescarpe,’et aboutissait à la rue Saint-André-des-Arts. Làse trouvait une porte, dite dans la suite Porte de Buci.
Cette porte, que l’on commençait à construire en 1209, fut, en cette année,donnée par le roi aux religieux de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés , à lacharge par eux de la couvrir de mérain et de tuile, quand elle sera construite,afin de les dédommager des terres qu’il avait fallu prendre à ces religieux pourla construction de l’enceinte. Dans l’acte de cession, ce roi nomme cette portePoterne de nos murs. Eu 1550, ces religieux la vendirent à Simon de Buci, pre-mier président au parlement. Depuis elle reçut le nom de Buci, qu’elle a con-servé longtemps, et que porte encore une rue voisine.
De cette porte, le mur d’enceinte, laissant en dehors la Cour du Commerce, sedirigeait, parallèlement à sa ligne, entre ce passage et l’hôtel de Tours , et abou-tissait rue des Cordeliers, aujourd'hui de l’École de Médecine, à l’endroit decelte rue où se voit encore l’ancienne fontaine dite Fontaine des Cordeliers ,près de laquelle était une porte appelée Porte des Cordelles ou des Cordeliers,porte des frères Mineurs, à cause du couvent des Cordeliers, situé dans le voi-sinage; et ensuit q porte Saint-Germain, nom qu’elle a conservé jusqu’à l’épo-que de sa démolition. En partant de celle porte, le mur d’enceinte, traversant