Buch 
Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
Entstehung
Seite
147
JPEG-Download
 

147

SOUS LOUIS VIII DIT LU LION.

les rues de Touraine , de lObservance, se prolongeait en droite ligne, entre larue des Fossés-Monsieur-le-Prince et lenclos du couvent des Cordeliers, puisaboutissait à la place Saint-Michel et à lextrémité supérieure de la rue de laHarpe. A lendroit même cette rue débouche dans cette place, et se voitla fontaine qui la décore, était une porte de ville qui a reçu différents noms :ceux de porte Gibert ou Gibard, nom que portaient la place Saint-Michel etun pressoir situé rue dEnfer. Dans les Gestes des évêques dAuxerre , on lit :Porte dEnfer, anciennement nommée de Ferl\ Porta inferni, qvœ antiquitéssolebat nominari de Ferto. En 1394, Charles VI donna, dit-on, à cette porte lenom de Saint-Michel, en mémoire de la fille quil eut disabeau de Bavière , fdleappelée Michelle.De la porte Saint-Michel, le mur denceinte longeait lenclosdu couvent des Jacobins. On voit encore, sur lancien emplacement de ce cou-vent et sur celui des propriétés voisines, une grande partie de ce mur qui allaitaboutir à la rue Saint-Jacques. Vers le milieu de lespace qui se trouve entreles rues Soufflot et des Fossés-Saint-Jacques, était une porte appelée de Saint-Jacques, parce quune chapelle ainsi nommée, située sur lemplacement du cou-vent des Jacobins, donna son nom à la rue, à ce couvent et à la porte. On lap-pela aussi Porte de TSotre-Dame-des-Champs, parce quon y passait pour aller aufaubourg et au monastère de ce nom. De cette porte, le mur denceinte seprolongeait sur les emplacements qui sont au nord, et à environ dix toises ducôté septentrional des rues des Fossés-Saint-Jacques, de lEstrapade, et, ayantenserré la maison, léglise et les jardins de Sainte-Geneviève, aboutissait à la rueBordet, près de celle de Fourci. De la porte Bordet, le mur denceinte suivaitla direction de la rue des Fossés-Saint-Victor. Dans les cours de quelques mai-sons de cette rue, on voit ce mur bien conservé. Il traversait lenclos du collège de Navarre , aujourdhui École Polytechnique , et sétendait jusquà la rue Saint-Victor, était une porte de ville appelée Porte Saint- Victor, à cause de saproximité de labbaye de ce nom.

Cependant, il ne faut pas croire que les parties existantes de ce mur fussenttoutes du temps de Philippe-Auguste ; plusieurs de ces parties ont, à diffé-rentes époques, été reconstruites depuis le règne de ce prince. La porte Saint-Victor était précisément située entre les extrémités inférieures des rues desFossés-Saint-Victor et dArras . De la porte Saint-Victor, le mur traversait lem-placement du séminaire des Bons-Enfants, depuis nommé de Saint-Firmin,ceux de divers chantiers, et sétendait en droite ligne jusquau bord de la Seine ,dans une direction parallèle à celle de la rue des Fossés-Saint-Bernard. A len-droit le mur aboutissait à la rive de la Seine était une porte et fortification,appelée la Tournelle, qui terminait le mur denceinte de la partie méridionalede Paris . La forteresse de la Tournelle se trouvait directement en face de cellede Barbelle sur leau, située sur la rive opposée. Entre ces deux points étaitun large intervalle qui se composait de deux bras de la Seine et de file diteaujourdhui de Saint-Louis.

Suivant un devis tiré dun registre de Philippe-Auguste , lenceinte méri-dionale, ou, comme le porte ce devis, le mur, du côté du Petit-Pont, avaitdouze cent soixante toises détendue. Chaque toise fut payée à raison de cent.