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SOUS LOUIS VIII DIT LU LION.
les rues de Touraine , de l’Observance, se prolongeait en droite ligne, entre larue des Fossés-Monsieur-le-Prince et l’enclos du couvent des Cordeliers, puisaboutissait à la place Saint-Michel et à l’extrémité supérieure de la rue de laHarpe. A l’endroit même où cette rue débouche dans cette place, et où se voitla fontaine qui la décore, était une porte de ville qui a reçu différents noms :ceux de porte Gibert ou Gibard, nom que portaient la place Saint-Michel etun pressoir situé rue d’Enfer. Dans les Gestes des évêques d’Auxerre , on lit :Porte d’Enfer, anciennement nommée de Ferl\ Porta inferni, qvœ antiquitéssolebat nominari de Ferto. En 1394, Charles VI donna, dit-on, à cette porte lenom de Saint-Michel, en mémoire de la fille qu’il eut d’isabeau de Bavière , fdleappelée Michelle. —De la porte Saint-Michel, le mur d’enceinte longeait l’enclosdu couvent des Jacobins. On voit encore, sur l’ancien emplacement de ce cou-vent et sur celui des propriétés voisines, une grande partie de ce mur qui allaitaboutir à la rue Saint-Jacques. Vers le milieu de l’espace qui se trouve entreles rues Soufflot et des Fossés-Saint-Jacques, était une porte appelée de Saint-Jacques, parce qu’une chapelle ainsi nommée, située sur l’emplacement du cou-vent des Jacobins, donna son nom à la rue, à ce couvent et à la porte. On l’ap-pela aussi Porte de TSotre-Dame-des-Champs, parce qu’on y passait pour aller aufaubourg et au monastère de ce nom. — De cette porte, le mur d’enceinte seprolongeait sur les emplacements qui sont au nord, et à environ dix toises ducôté septentrional des rues des Fossés-Saint-Jacques, de l’Estrapade, et, ayantenserré la maison, l’église et les jardins de Sainte-Geneviève, aboutissait à la rueBordet, près de celle de Fourci. — De la porte Bordet, le mur d’enceinte suivaitla direction de la rue des Fossés-Saint-Victor. Dans les cours de quelques mai-sons de cette rue, on voit ce mur bien conservé. Il traversait l’enclos du collège de Navarre , aujourd’hui École Polytechnique , et s’étendait jusqu’à la rue Saint-Victor, où était une porte de ville appelée Porte Saint- Victor, à cause de saproximité de l’abbaye de ce nom.
Cependant, il ne faut pas croire que les parties existantes de ce mur fussenttoutes du temps de Philippe-Auguste ; plusieurs de ces parties ont, à diffé-rentes époques, été reconstruites depuis le règne de ce prince. La porte Saint-Victor était précisément située entre les extrémités inférieures des rues desFossés-Saint-Victor et d’Arras . De la porte Saint-Victor, le mur traversait l’em-placement du séminaire des Bons-Enfants, depuis nommé de Saint-Firmin,ceux de divers chantiers, et s’étendait en droite ligne jusqu’au bord de la Seine ,dans une direction parallèle à celle de la rue des Fossés-Saint-Bernard. A l’en-droit où le mur aboutissait à la rive de la Seine était une porte et fortification,appelée la Tournelle, qui terminait le mur d’enceinte de la partie méridionalede Paris . La forteresse de la Tournelle se trouvait directement en face de cellede Barbelle sur l’eau, située sur la rive opposée. Entre ces deux points étaitun large intervalle qui se composait de deux bras de la Seine et de file diteaujourd’hui de Saint-Louis.
Suivant un devis tiré d’un registre de Philippe-Auguste , l’enceinte méri-dionale, ou, comme le porte ce devis, le mur, du côté du Petit-Pont, avaitdouze cent soixante toises d’étendue. Chaque toise fut payée à raison de cent.