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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS LOUIS IX DIT SAINT LOUIS.

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empereur, vendit à saint Louis la couronne dépines qui avait, dit-on, servi àla passion de notre Seigneur Jésus-Christ. Cette relique coûta près de 100,000francs; et cependant une autre couronne dépines, qui, pareillement, avaitservi à la passion de notre Seigneur, existait depuis longtemps dans labbayeSaint-Denis ; quelle que soit la vraie couronne, celle que saint Louis avait chè-rement achetée, arrivée dOrient le 10 août 1239, fut déposée à Villeneuve- lArchevèque , ce roi et toute sa famille se rendirent avec beaucoup de so-lennité. Trois cassettes, lune dans lautre, contenaient cette relique : lapremière était de bois, la seconde dargent, la troisième dor. Elles furenttoutes trois ouvertes, et, aux yeux du public curieux, on exposa la saintecouronne. De ce lieu, portée par le roi, par Robert, comte dArtois, et par plu-sieurs seigneurs qui marchaient nu-pieds, elle fut transférée jusquà la ville deSens. Huit jours après, celte couronne et son cortège arrivèrent à Paris . On litune station dans labbaye Saint-Antoine-des-Champs. fut dressé un écha-faud en pleine campagne, et plusieurs prélats, magnifiquement vêtus de leurshabits pontificaux, exposèrent aux regards avides des Parisiens cette saintecouronne. Tous les chapitres et monastères de Paris , même ceux de Saint-Denis, eurent ordre devenir processionnellement, avec leurs plus précieusesreliques, à labbaye Saint-Antoine, pour rendre hommage à la sainte cou-ronne et lescorter dignement jusque dans la Cité. Les moines de Saint-Denisnapportèrent point, en cette circonstance, la couronne dépines quils possé-daient déjà. Les chanoines de Sainte-Geneviève refusèrent dy transporter lachâsse de leur patronne; ils dirent, pour motiver leur refus, que cette châssene sortait point de leur église à moins que les chanoines de Notre-Dame ne vins-sent ly inviter avec celle de Saint-Marcel conservée dans leur église. SaintLouis se contenta de cette excuse. Le jeudi 18 août 1239, ce roi, vêtu dunesimple tunique, les pieds nus, se chargea, avec son frère Robert, de portersur les épaules la sainte relique qui était précédée par plusieurs prélats etseigneurs, marchant également la tête et les pieds nus, et suivie dune longueprocession. Le cortège se rendit d'abord à léglise cathédrale de Notre-Dame ,et de cette église à la sainte chapelle Suint-Nicolas, dans lenceinte du Palais.

Quelques mois après, Baudouin, empereur de Constantinople , voyant quele commerce des reliques lui était profitable, fit proposer au roi de France delui en vendre plusieurs autres. Voici quelles étaient ces reliques mises en vente;un grand morceau de bois, quil disait avoir fait partie de la croix que sainteHélène apporta dans Constantinople ; un morceau de fer, quon regardait commele fer de la lance dont avait été percé le côté de Jésus-Christ sur la croix, unepartie de léponge qui servit à lui donner du vinaigre; le roseau dont on lui fitun sceptre; une partie de son manteau de pourpre ; un morceau de linge dontJésus-Christ se servit pour essuyer les pieds de ses Apôtres; une partie de lapierre du saint sépulcre, une autre portion de la vraie croix ; une croix, nom-mée Croix de triomphe, parce que ceux qui la portaient à la guerre étaientsûrs dobtenir la victoire. Sans doute que Baudouin croyait peu à la vertumerveilleuse de cette croix, puisquil la vendait dans une circonstance ilaurait eu grand besoin de sa vertu. Toutes ces reliques furent reçues à Paris ,