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soeurs sachettes. Il existait en même temps à Paris des sœurs du mêmeordre. On sait que leur couvent était situé rue du Cimetière-Saint-André-des-Ars,rue qui, au treizième siècle, portait le nom de rue des Sachettes. A l’instar desautres communautés religieuses de Paris , tous les matins ces sœurs allaientdans les rues de cette ville quêter du pain. Ces espèces de dévotes, vêtues d’unsac, sont, dans quelques écrits du temps, qualifiées de Pauvres femmes dessacs. On n’a aucune autre notion sur l’état de ce couvent, qui fut sans doutesupprimé en même temps que les frères Sachets.
grands-acgustjns. Monastère situé sur le quai dit des Augustins ou de laVallée, dans l’emplacement occupé aujourd’hui par la rue du Pont-de-Lodi etparla halle ou marché de la volaille et du gibier. Diverses congrégations d’er-mites formées en 1200, en Italie , furent réunies en 1246 par le pape Alexan-dre IV; quelques-uns de ces ermites réunis vinrent ensuite à Paris , attirés parla protection et la faveur que le roi saint Louis accordait à toute espèce de moi-nes. Ils s’établirent d’abord rue Montmartre, au delà de la porte Saint-Eustache,dans un lieu environné de bois, et où se trouvait une chapelle dédiée à sainteMarie l’Égyptienne. Ils y demeuraient en 1250. Mécontents de leurs logements,ils allèrent s’établir dans le clos du Chardonnet, et dans l’emplacement qu’adepuis occupé le collège du cardinal Lemoine. En 1293, ils traitèrent avec lesmoines mendiants, appelés Frères Sachets, qui occupaient un couvent établi surle bord de la Seine , et se maintinrent dans ce dernier lieu.
Leur église fut rebâtie sous le règne de Charles V ; elle était vaste, sans avoirrien de remarquable dans sa construction. On y voyait plusieurs tableauxrelatifsaux réceptions des chevaliers de l’Ordre du Saint-Esprit , et peints par Vanloo,de Troy et Philippe de Champagne . On y distinguait un tableau de Jouvenetreprésentant saint Pierre dont l’ombre guérit les malades. .Dans une chapelle àdroite était le tombeau de Nicolas de Grimonville, seigneur de Larchant, et deDiane de Vivonne de la Chàtaignerie, son épouse. Sur ce tombeau étaient repré-sentées à genoux les figures des deux époux. Une chapelle contenait le tombeaude l’historien Philippe de Comines . A côté de ce tombeau était celui de sa fille.Le principal autel, décoré d’après les dessins de Charles Lebrun , offrait huitbelles colonnes d’ordre corinthien de brèche violette, supportant une demi-cou-pole ornée avec goût. Germain Pilon avait sculpté les menuiseries de la chaireet des stalles, et une belle figure de saint François, en terre cuite, qu’on avaitplacée dans le cloître de ce monastère.
Dans les salles de cette maison se tenaient, depuis 1579, les assemblées del’Ordre du Saint-Esprit . Ces salles, ornées de boiseries, l’étaient aussi de por-traits, et du blason de tous les chevaliers et commandeurs reçus dans cet Or-dre. Les assemblées du clergé de France se sont tenues, depuis 1605, dans unedes salles de cette maison. Ce clergé y avait ses archives et ses registres. Leparlement, en diverses circonstances, a siégé également dans ce couvent. L’em-ploi de ces diverses salles prouve que les bâtiments des augustins étaient vasteset excédaient les besoins de ses habitants ordinaires.
Le couvent des Augustins a été le théâtre de quelques événements qui carac-térisent les mœurs de-ces religieux, et peuvent faire juger du mérite de leur