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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

rent de travailler eux-mèmes à leur propre réforme, et de se soumettre à larègle de saint Augustin . Cette communauté fut supprimée en 1778.

Les jurés-crieurs pour les inhumations avaient leur lieu de réunion dans lamaison de Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. Us fournissaient tous les objets néces-saires aux enterrements, même les habits et les billets de faire part. Si lun deces crieurs mouraient, tous ses confrères assistaient à la cérémonie funèbre, vê-tus en robes et armés dune clochette quils faisaient retentir depuis la levéedu corps jusquau moment son cercueil était déposé en terre.

blancs-manteaux, couvent de moines situé sur la rue qui porte encore cenom, entre les numéros 12 et 16; nom quils durent à la couleur de leurs man-teaux. Ils se qualifièrent de serfs de la Vierge Marie . Ils vinrent, en 1258, deMarseille à Paris pour profiter de la grande faveur dont jouissaient les reli-gieux sous le règne de saint Louis, et participer aux libéralités de ce roi, qui, eneffet, contribua avec quelques particuliers à létablissement de leur maison.Celle-ci fut bâtie sur un emplacement situé en dedans et près du mur den-ceinte de la ville. Le roi fut, comme à lordinaire, obligé dacheter le consen-tement des seigneurs ecclésiastiques qui sopposaient à cet établissement.

En 1274, le pape Grégoire X , ayant supprimé la plupart des ordres religieuxmendiants, les serfs de la Vierge Marie cessèrent dexister en communauté;mais Paris ny perdit rien. En 1297, dautres mendiants, autorisés par un autrepape, remplacèrent les serfs de la Vierge Marie : ils se nommaient Guillemites ou Guillernins. Le public, sans avoir égard à ce changement, les nomma, commeil avait nommé leurs prédécesseurs, Blancs-Manteaux. En 1618, les guillemitesfurent réformés et réunis aux bénédictins, suivant la réforme de Saint-Vannesde Verdun . Le monastère fut reconstruit; et, le 26 avril 1685, le chancelierLe Tellier et son épouse en posèrent la première pierre. On voyait dans léglisele tombeau de Jean Le Camus, représenté à genoux, et ayant devant lui un angequi lui servait de pupitre. Ce groupe fut sculpté, en 1719, par Simon Mazières.

Ce monastère fut supprimé en 1790; mais léglise, conservée, a été érigée ensuccursale de la paroisse de Saint-Merry , dans le septième arrondissement, sousle titre de Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux.

hospice des QüiNZE-viNGTS, autrefois situé rue Saint-Honoré, au coin de larue Saint-Nicaise, et depuis rue de Charenton, n° 30. Cette maison fut fondéepar saint Louis vers lan 1260. Voici comment le confesseur de la reine Margue-rite rapporte lhistorique de cette fondation : « Aussi li benoyez roy fist acheter» une pièce de terre de lez Saint-Ennouré, il fist fere une grant mansion» porce que les poures avugles demorassent ilecques perpetuelement jusques à» trois cents; et ont tous les anz de la borse du roy, pour potages et pour aul-» très choses, rentes. En la quelle méson est une église que il fist fere en leneur» de saint Remi, pour ce que lesdits avugles oient ilecques le service Dieu . Et» plusieurs fois avint que li benoyez roys vint as jours de la feste Saint-Remi,» lesditz avugles fesoient chanter sollempnement lofiice en léglise, les avu-» gles présents entour le saint Roy. »

Rutebœuf, poète du treizième siècle, dans sa pièce des Ordres de Paris , nese montre point ladmirateur de cet établissement. Voici, en substance, ce quil