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SOUS LOUIS IX DIT SAINT LOUIS.
en dit: « Je ne sais trop pourquoi le roi a réuni dans une maison trois cents» aveugles, qui s’en vont par troupes dans les rues de Paris , et qui, pendant» que le jour dure, ne cessent de braire. Us se heurtent les uns contre les au-» très, et se font de fortes contusions; car personne ne les conduit. Si le feu» prend à leur maison, il ne faut pas en douter, la communauté sera entière-» ment brûlée, et le roi obligé de la reconstruire sous de nouveaux frais. »
Les Quinze-Vingts sont restés dans leur habitation primitive jusqu’en 1779.A cette époque, le cardinal de Rohan transféra ces aveugles au faubourgSaint-Antoine, rue de Charenlon, dans l’hôtel des ci-devant mousquetairesnoirs; il établit un nouveau système d’administration, augmenta le nombredes pauvres admis, et le porta à celui de huit cents. Ces pauvres, au lieu de 13sous 6 deniers par jour, eurent chacun 15 sous et, suivant les circonstances,20 sous; et chaque enfant provenu de leur mariage était nourri et recevaitdeux sous par jour, jusqu’à l’âge de seize ans : alors on faisait apprendre un mé-tier à ces enfants, qui ne sortaient de l’hôpital que lorsqu’ils étaient en état depourvoir à leur existence. Toutes ces améliorations cachaient, dit-on, des dila-pidations immenses. Je ne prononcerai point sur la justice des nombreux re-proches qu’a excités la partie tinancière de l’administration du cardinal deRohan, et, il faut l’avouer, la réputation de ce prince de l’Église n’était guèrepropre à donner des préventions favorables à la fidélité de sa gestion. —Unarrêt du parlement, du 14 mars 1783, établit dans cet hôpital un hospice pourvingt pauvres de province atteints de maux d’yeux, qui devaient y être gratui-tement logés, nourris, habillés et traités, et où les pauvres de Paris , attaqués demême maladie, pourraient aussi recevoir un traitement. En l’an ix, on a réunià l’hospice des Quinze-Vingts Y Institution des Jeunes-Aveugles, fondée parM. Haüy . Cette institution a ensuite été transférée rue Saint-Victor.
hotel-dieü, hôpital situé île de la Cité, au midi de la place ou parvis de l’é-glise cathédrale de Notre-Dame . Presque tous ceux qui ont écrit sur cet hôpitalattribuent sa fondation à saint Landri, évêque de Paris , qui vivait au septièmesiècle. Cette opinion n’est appuyée sur aucun monument historique ; quoique,depuis près de trois cents ans, on ait répété ce fait comme certain, on ne l’ajamais prouvé. Saint Landri, pendant une grande famine arrivée, dit-on, versl’an 651, donna d’amples secours aux pauvres : c’est de cette action très-louable qu’on a induit que ce saint évêque avait fondé l’Hôtel-Dieu .
Il existait, près de la maison de l’évêque ou plutôt la maison de l'église de Pa ris , comme près de toutes les autres maisons d’évêques, un lieu destiné à lanourriture des pauvres inscrits sur la matricule de l’église. Ces pauvres étaientnommés matriculaires; ils y logeaient pour la plupart, et y étaient soignéslorsqu’ils étaient malades : voilà l’origine des hôpitaux voisins des églises ca-thédrales, et certainement celle de l’Hôtel-Dieu de Paris . On construisit, on nesait à quelle époque, pour l’usage des pauvres matriculaires, une chapelle dédiéeà saint Christophe , qui donna son nom à l’hôpital. La chapelle et l’hôpitalSaint-Christophe , dans un litre de l’an 8-29, se trouvent réunis et pour la pre-mière fois mentionnés. Cet hôpital était peu considérable, non par le manque
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