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SOUS LOUIS IX DIT SAINT LOUIS,cipale de cet hôpital. Le péristyle est décoré des statues de saint Vincent-de-Paulet de M. de Monthion ; le grand escalier, du portrait des médecins et chirurgienscélèbres de l’hôpital.
Les deux ponts qui servent de communication d'une rive à l’autre, se nomment l’un le Pont Saint-Charles, qui sert tout entier à l’Hôtel-Dieu , et qui futbâti en 1606; et l’autre le Pont-au-Double ; il est daté de 1634 et sert aux pié-tons. Dans ces dernières années, on a dédoublé le bâtiment Saint-Charles, surla rive droite de la Seine , et on a bâti un nouveau corps de logis ; en mêmetemps on établissait une annexe à l’Hôtel-Dieu , rue de Charenton.
Le chapitre de Notre-Dame avait, depuis les temps anciens, l’administrationde l’Hôtel-Dieu . Il nommait deux chanoines proviseurs de cet hôpital; desfrères le desservaient. En 1217, il fut réglé qu’il y aurait trente frères laïques,quatre prêtres, quatre clercs et vingt-cinq sœurs. On voit, par ce réglement,qu’alors les bâtiments de cet hôpital étaient de deux espèces : Holel-Dieu ouMaison-Dieu, proprement dit, et les Granges; que ces granges étaient, commel’hôpital, peuplées de malades, puisqu’on y dit que les frères et les sœurs ser-viront tant à l’Hôtel-Dieu que dans les Granges. On voit aussi dans ce régle-ment que le maître, chaque semaine, donnait lui-même la discipline aux frères,et la maîtresse aux sœurs. Si un frère ou une sœur, en mourant, était trouvéen possession de quelque objet qu’il n’aurait point déclaré à son supérieur, onne faisait aucun service pour lui, et il était enterré comme excommunié. Larigueur de ces réglements n’empêcha point les abus et les désordres de s’intro-duire parmi ces frères et ces sœurs. On n’en connaît point la nature; mais ilsfurent tels que le parlement, en 1505, se vit obligé de renvoyer les sœurs decet hôpital, qu’on appelait alors les sœurs noires, de les remplacer par des sœursgrises, et de nommer huit bourgeois de Paris pour administrer THôtel-Dieu.Plusieurs frères furent aussi renvoyés.
Dans la nuit du 1 er au 2 août 1737, le feu prit à l’Hôtel-Dieu, et ses ravagesne furent arrêtés que le 5 de ce mois. On transporta 2,500 malades dans la nefde Notre-Dame et dans la grande salle de l’archevêché. Danslanuit du 29 au 30décembre 1772, un autre incendie, plus violent, éclata dans cet hôpital. Plu-sieurs centaines de malades périrent dans les flammes ou sous les ruines dessalles écroulées.
L’administration de cet hôpital laissait autrefois beaucoup à désirer : aller àl’Hôtel-Dieu, c’était presque aller à la mort : sur neuf malades admis, il enmourait toujours deux, encore faisait-on entrer dans ce calcul beaucoup depersonnes qui n’étaient malades qu’en apparence. Voici, suivant le rapport faiten 1816 au conseil général des hospices, l’ancien état de cet hôpital: « Les lits» étaient entassés dans les salles, et les malades entassés dans les lits : il y» en avait souvent quatre et quelquefois six couchés ensemble. On a même vu,» dans quelques occasions extraordinaires, placer les malades les uns sur les» autres, par le moyen de matelas mis sur l’impériale, à laquelle on ne mon-» tait que par une échelle. La portion d’air que le malade respirait était de trois» ou quatre mètres; et le malade aurait eu besoin d’en avoir douze pour ne» pas trouver un danger de plus dans l’atmosphère qui l’environnait. »