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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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198 HISTOIRE DE PARIS

est décoré de deux figures symboliques de grande proportion représentant laJustice et la Force; elles sont louvrage du célèbre Germain Pilon .

autkbs cours de jüstice. La Cour des Aides, avant la révolution, occupaitla salle qui sert aujourdhui au Tribunal dappel ou Cour royale. On y arrive parun escalier situé en face de la principale entrée du Palais. Dans la cage de cetescalier est une niche contenant une statue de la Loi , qui tient dune main unsceptre, et de lautre un livre ouvert, sont écrits ces mots : In legibus salus.Quelques autres cours ont leur entrée dans la grandsalle. La plus considérableest la Cour de cassation; elle occupe le local de lancienne grandchambre,quon nommait Chambre de saint Louis. Sur la porte dentrée est un vaste bas-relief qui représente une ligure de la Justice entre deux lions. Lintérieur decette salle, réparé, décoré et doré sous le règne de Louis XII , le fut de nouveau,en 1722, sur les dessins de Germain Boffrand . Sur la cheminée, un bas-reliefreprésentait Louis XIV entre la Vérité et la Justice, par Coustou le jeune : au-dessus du siège on voyait un crucifix peint par Albert Durer . La troisième salledes Enquêtes, qui a servi à la Cour prévôtale, sert à la septième chambre dutribunal de première instance; son plafond, décoré de peintures par Vouet , re-présente le Jugement dernier.

Le parlement, après deux mois de vacances, faisait chaque année, le lende-main de la fête de saint Martin, une rentrée solennelle. Dans la grandsalle étaitalors disposé un autel, dédié à saint Nicolas, lon célébrait la messe du Saint-Esprit, dite aussi la Messe rouge , parce que les présidents et conseillers y assis-taient en robes de cette couleur. MM. les gens du roi recevaient les sermentsdes avocats et des procureurs. Les présidents et les conseillers, dans cette cé-rémonie, se saluaient réciproquement, non à la manière des hommes, maiscomme le font encore quelques femmes, en fléchissant et écartant les genoux.On a rétabli, depuis 1815, le vieil usage de la Messe rouge, mais non celui desrévérences féminines. Depuis 1830, il nest resté de tout cela que des mercu-riales ou discours de rentrée.

chambre des comptes. Elle était située hôtel de la Préfecture de police,dans l'enclos du Palais, à loccident de la Sainte-Chapelle. Les gens des comptesnavaient point, dans lorigine, de siège fixe, ni de résidence à Paris ; ils sui-vaient la cour du roi, recevaient, écoutaient et corrigeaient tous les comptes,tant ordinaires quextraordinaires, les signaient comme notaires, et les scellaientdu grand sceau du roi. On ignore lépoque précise les gens des comptes de-vinrent une compagnie fixe, eurent des bâtiments consacrés à leurs opérations.Ils furent, dit labbé Lebœuf, établis par saint Louis et rétablis par Philippe-le-Bei, à peu près dans le môme temps quil rendit le parlement sédentaire, cest-à-dire vers lan 1302. l'hilippe-le-Long, en 1320, et Charles-le-Bel en 1323, réglè-rent le travail et les attributions de cette chambre.

Dabord considérée comme faisant partie du parlement, elle en fut distraitedans la suite, et on lérigea eu cour spéciale dont les jugements étaient en der-nier ressort. Elle était alors composée de deux présidents, lun clerc et lautrelaïque, et de cinq maîtres, dont trois clercs et deux laïques. Ges maîtres por-