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ques parties d’un quartier sombre eL malsain. Cette place s'ouvre devant lacour de la nouvelle façade du Palais.
Cette façade et autres constructions accessoires ont été exécutées par MM. Mo-reau, Desmaisons, Couture et Antoine, quatre membres ue l’Académie d’archi-tecture. Une grille en fer précède la cour et occupe toute sa longueur : elleprésente trois grandes portes à double battant; celle du milieu, ordinairementfermée, avait poi"' principal amortissement un globe doré d’une grande pro-portion et accompagné de guirlandes. Cet amortissement a disparu depuis quel-ques années. Cette vaste grille est plus remarquable par ses détails et sa ri-chesse que par le goût de ses formes.
Au centre de la façade s’avance un vasle escalier. La première rampe a COpieds de largeur. Cet escalier mène à une première galerie où l’on entre partrois portiques. Des deux côtés et au bas de cet escalier, sont deux larges ar-cades : l’une mène à l’audience du tribunal de police municipale; par l’autre,on arrive à la Conciergerie, maison de justice du département, Mtie sur l’em-placement de l’ancien jardin des rois, nommé Prmu du Palais.
Le milieu de la façade présente un avant-corps orné de quatre colonnes do-riques. Au-dessus de l’entablement règne une balustrade; et sur quatre de scspiédestaux sont posées quatre statues allégoriques : la Force, l’Abondance, laJustice et la Prudence . Elles s’élèvent à l’aplomb des quatre colonnes, et se des-sinent sur un fond lisse de maçonnerie qui supporte un dôme quadrangulaire.• es deux ailes de bâtiment qui, partant de cette façade, forment les deux côtésde la cour, semblent étrangères au reste de l’édilice.
Le Palais, considéré dans son ensemble, présente des parties qui portent lesdiverses empreintes de l’architecture des siècles où elles furent bâties. Sur le( luaide l'Horloge , deux grosses tours rondes, voisines l’une de l’autre, lermi-uées par une toiture en forme conique, paraissent appartenir au treizième siè-cle, ainsi qu’une troisième tour qui n’en est pas éloignée, mais dont les dimen-sions sont moins fortes. Les pieds de ces trois tours, avant la construction duquai de l'Horloge , étaient baignés par les eaux de la Seine .
La tour carrée de l’Horloge , qui s’élève à l’angle du Palais formé par la ren-contre du quai et de la rue de la Barillerie, décèle le genre d’architecture duseizième siècle. L’horloge qu’elle contient est la première de cette dimensionqu’on ait vue à Paris : elle fut fabriquée en 1370, par un Allemand , nomméHenri de Vie, que Charles V lit venir en cette ville. Le cadran fut refait et dorésous Henri 111. La lanterne de cette tour contenait une cloche appelée tocsin :e *ie jouissait de la prérogative de n’ètre mise en branle que dans de rares occa-S| ons, lors de la naissance ou de la mort des rois et de leurs fils aînés. Cependant011 lui fit enfreindre cette loi pour devenir l’instrument d’un des plus horriblesa ttentats que la tyrannie et le fanatisme puissent commettre : elle fut une desdoux cloches de Paris qui, dans la nuit du 24 août 1572, donnèrent le signal desmassacres de la Saint-Barlhélemi ; c’est pour celte cause, dit-on, qu’elle a étédétruite pendant la révolution.
Le mur du Palais, contigu à cette tour, et qui fait face au Marché-aux-Fleurs,