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taient autrefois de grands oiseaux pendus à leur ceinture, pour marquer le pou-voir qu'ils avaient de rogner ou de retrancher les comptes erronés qu’on leursoumettait. Le nombre des membres de cette chambre s accrut considérable-ment dans la suite. Cette chambre, par un décret impérial du 28 septembre 1807,a été réorganisée sous la dénomination de Cour des comptes. Maintenant elleest divisée en trois chambres, dont chacune est composée d’un président et desix maîtres des comptes, et siège dans le palais du quai d’Orsay.
n.\L ’t et souveraix empire de (1AULÉE. Les clercs de la Chambre des comp-tes formèrent une communauté qui fut érigée en tribunal dont la juridictions’étendait sur tous les membres de cette association. Ils eurent des réglementsautorisés par leur chambre; ils jugeaient en dernier ressort, donnaient à leurtribunal la dénomination pompeuse de haut et souverain empire de Galilée, et lepresident était qualifié d’ empereur de Galilée .
Les clercs de la Chambre des comptes étaient en usage, chaque année, la veilleet le jour des Bois , de célébrer une fête ou solennité qui consistait en une mar-che pompeuse, égayée par la musique, ou 1 on voyait les sujets de 1 empereurde Calilée porter des gâteaux des Bois qu ils allaient distiibucr chez tous lesmembres de la Chambre des comptes en leur donnant l'aubade. En 1525, lestrésoriers de l’empire sollicitaient auprès de la Chambre des comptes les tondsnécessaires pour leur fête du gâteau des Bois. La Chambre, par arrêt du 22 dé-cembre 1525, défendit, pour cette année, la célébration de cette cérémonie etdes autres joyeusetés accoutumées. La dépense était payée par la Chambre descomptes, et se montait à vingt ou vingt-cinq francs.
En 1532, on voit que Cuillaume Rousseau était empereur de cet État; que ler °i lui donna, ainsi qu’à ses suppôts, clercs de la Chambre des comptes, vingt-cinq livres parisis pour fournir aux frais « des danses, morisques, mommeries" et autres triomphes que le roi veut et entend être faits par eux, pour Y honneur” et récréation de la reine. »
Les édits de cet empereur portaient ces formules : A tous présents et à venir ,salut, etc.... Nous avons par ces présentes, signées de notre main, dit, déclaré etordonné, déclarons et ordonnons, voulons et nous plaît.... Si- mandons à nos amése t Jéaux chancelier et officiers dudit empire, que ces présents articles de réglement ,en forme d’édit, ils fassent lire, publier et enregistrer, etc. Henry 111, qui voyaitav ec jalousie ou avec crainte l'empereur de Galilée marcher dans Paris avec sesgardes, ainsi que le faisait le roi de la Basoche, dont je parlerai bientôt, défen-dit à cet empereur de porter pareil titre. Ainsi l’empereur de Calilée fut détrôné;mais ses États subsistèrent fort bien sans lui. Uu réglement de l’an 1705 nous faitconnaitre quels magistrats gouvernaient alors cet empire. On y voit ligurer unchancelier remplaçant l’empereur, un procureur général, puis six maîtres des'cquètes, deux secrétaires des linances, un. trésorier, un contrôleur, uu greffieret deux huissiers. Le chancelier était nommé par voie d’élection. On ignore lecoup fatal q U i termina les destinées de cet empire sans empereur.
OuUe les cours et juridictions que j’ai déjà mentionnées, l’enclos du Palaiscoulenait plusieurs autres qui n’existent plus : telles étaient le BuilUuge du1 ois, 1 Election, la Chancellerie, les trois juridictions de la table de marbre